Castor politique

Des fables et de la politique

La gauche comment ?

Depuis quelques années, le paysage politique français passe par des hauts et des bas, beaucoup de bas, qui le modifient en profondeur. Malheureusement ou heureusement, c’est selon, une évolution est inéluctable. Elle s’est déjà traduite par l’apparition (peut-être transitoire) d’un centre qui cherche à phagocyter le PS, par l’abandon du socialisme par le parti du même nom, par le désir de Besancenot de créer une nouvelle gauche et par la politique « d’ouverture » de Sarkozy.

Les modèles deviennent mouvant, des idéologies sont abandonnées alors que d’autres apparaissent. Tout semble confus et le bordel du PS n’en est que la face tragicomique.

L’inéluctabilité

Une idéologie n’est pas le fruit d’une pensée ex-nihilo mais la compilation simpliste des intérêts d’un groupe social. Le communisme est né avec l’apparition de la classe ouvrière et le capitalisme s’est développé parmi la classe dirigeante anglo-saxonne du XIXe siècle. Plus loin dans le passé, l’idéologie aristocratique a permit d’affermir la domination des envahisseurs de l’empire romain et plus près de nous le capitalisme financier moderne découle de la « démocratisation » de la bourse et de l’achat d’actions par la classe moyenne américaine.

Les idéologies suivent les transformations de la sociétés et ne les précèdent pas.

Elles sont dictées en partie par les caractéristiques de la société où elles sont énoncées, même si une certaine latitude ne peut être niée. La concomitance de l’apparition des utopies socialistes (3) prouve combien l’évolution des pensées politiques est parfois indépendante de notre volonté.

Pour comprendre les modifications des programmes et des idéologies des partis français, il est donc nécéssaire de comprendre les changements qu’ a subit la société française.

Par exemple, la précarisation du travail est un fait historique. On peut lutter mais ses conséquences psychologiques et politiques sont inéluctables. Il faut aussi accepter que pour une minorité importante, cela ne soit plus réellement un problème. Au contraire, le changement d’entreprise est devenu un désir autant qu’une nécessité.

Les voyages sont plus fréquents, que ce soit pour le travail ou pour le plaisir. Les ingénieurs parcourent le monde pour suivre leurs clients ou leurs fournisseurs, comment cela change-t-il leurs façons de voir les politiques économiques ? (Ne m’objectez pas que seuls les riches voyagent car ça ne modifie en rien mes propos. Premièrement, ces riches qui voyagent sont nombreux, et se comptent en centaines de milliers. A ce niveau là, ça devient une importante minorité. Deuxièmement, à l’époque de Marx comme aujourd’hui, les idéologies sont énoncées par les gens les plus éduqués. Ceux qui interprètent les désirs d’une classe ne font pas nécessairement parti de cette classe. Ce sont des politiciens ou des intellectuels, sincères ou non, qui sont nécéssairement influencés par leur propre éducation et parcours personnels.)

La crise écologique aussi modifie notre façon de voir le monde. Quels sont et quels seront ses impacts sur la politique ? L’apparition déjà ancienne d’un parti vert n’est que la partie emmergé de l’iceberg. Une nouvelle morale écologique apparaît. Par bien des aspects, elle est tout aussi conformiste et toute aussi oppressive (les radins) que n’importe quelle morale (je ne remets pas en cause sa nécéssité ni même son urgence).

La société a changé. Les partis réagissent avec retard. Les idéologies aussi. Elles évoluent brutalement, par surprise. C’est normal car elles font parti de nos moyen d’appréhender le monde et nous les conservons comme repère toujours plus longtemps que nécessaire.

Le pêché originel

Bien qu’une évolution soit inéluctable, nous avons néanmoins un rôle à jouer. Heureusement. Et nous sommes bien plus maîtres de notre destin que ne le furent nos prédécesseurs. Nous pouvons (nous devons) essayer de ne pas nous laisser aveugler par nos idéologies.

Un contre-exemple illustrera mes propos. Au début du XXe siècle, les communistes et la plupart des figures de la gauche (1) soutenaient la colonisation. Ainsi Léon Blum, le 9 juillet 1925, lors d’un discours devant le députés, s’exclame « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler au progrès réalisées grâce aux efforts de la science et de l’Industrie »… De leur côté, initialement, les communistes ont vu dans la colonisation un providentiel accélérateur de l’histoire en direction de la création d’un société communiste.

La gauche, obnubilé par le rêve d’un société sans classe, avait laissé de côté son humanisme et s’était laissée aveuglée par ses idéologies.

Aujourd’hui, nous avons mangé le fruit interdit.

Nous connaissons une bonne partie des conséquences de nos comportements. Nous savons que chacun de nos achats contribue à réchauffer la terre et à désertifier le sahel. Nous savons que notre rêve d’un agriculture industrielle tournée vers les agrocarburants contribue à affamer les plus défavorisés. Nous savons qu’une baisse des impôts signifie un appauvrissement, une augmentation des risques sanitaires et une ségrégation éducative plus forte pour les plus pauvres.

Nous savons aussi que la fin ne justifie pas tous les moyens. Nous savons que l’oppression israelienne ne justifie pas les attentats sur des civils. Nous savons que l’attaque de 1948 des pays arabes contre Israel ne justifiait pas le nettoyage ethnique. Nous savons que le 11 septembre ne justifie pas les guerres. Nous savons que la présence d’un haut responsable d’Al Quaida dans un village pakistanais ne justifie pas qu’un missile tue des innocents. Nous savons que le terrorisme ne justifie pas les restrictions des droits individuels.

Ma gauche à moi ?

Si nous admettons le caractère égoiste de nos idées politiques, pouvons-nous néanmoins fixer des limites à cet égoisme, pouvons nous créer une pensée politique qui ne serait peut être pas très précise, qui resterait pragmatique, à l’image des démocrates américains, et qui saurait néanmoins avoir des barrières morales, un humanisme que la droite de Sarkozy (2) cherche à faire sien ?

Être de gauche aujourd’hui ne peut pas seulement signifier la défense de la classe moyenne car la droite aussi prétend la défendre et cela peut se faire au détriment des plus pauvres(5). Non, être de gauche, c’est refuser de sacrifier les populations fragiles sur l’autel de la majorité. C’est refuser de relancer l’économie et de protèger la planête au détriment de ceux qui souffrent déjà (3).

Cette manière de penser sera de plus en plus importante dans les années à venir. Nous nous approchons d’un monde malthusien. La crise écologique qui s’annonce est si importante que nous aurons sans doute de plus en plus la tentation de privilégier le problème du réchauffement climatique au détriment des hommes (bien que les deux soient très liés, et qu’une action contre le réchauffement soit en réalité un bienfait pour l’homme). Peut-être auront nous aussi la tentation du totalitarisme. Nous savons comment la moindre peur (par exemple celle du terrorisme) nous amène à négliger des pans entiers du droit.

Donc, être de gauche, c’est avoir à l’esprit les plus faibles.

Ceci dit, est-ce suffisant ? Non.

Des compromis sont nécessaires. On ne peut gouverner qu’avec une majorité. L’enrichissement d’une grande partie de la population a déplacé le maximum de la courbe des revenus vers le centre. Il importe donc aussi de comprendre les desirata de ce « nouveau centre » et surtout de lui proposer des solutions. Sinon, Bayrou ou la droite s’en chargeront (ils s’en chargent déjà), et la gauche se retrouvera isolée, sans jamais plus avoir la possibilité de gouverner.

(1) à l’exception notable de Rosa Luxemburg.

(2) même si il y a beaucoup de poudre aux yeux, cf sa visite en Tunisie.

(3) Je dis « souffre », mais pourquoi pas ? Etre de gauche ne signifie que l’on doive n’utiliser que des mots froids et prétenduement objectifs pour désigner les problèmes de société.

(5) surtout que la classe moyenne est grande. On peut prendre favoriser les plus riches ou les plus pauvres de cette classe.

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novembre 19, 2008 Posted by | Politique | , , | 2 commentaires

La belle politique

Voici une phrase de Sarkozy lors de sa visite en Tunisie. Elle est admirable de subtilité politique. Le voyez-vous ?

Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami, de m’ériger en donneur de leçon.

La réponse se trouve un peu plus loin…

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Citations

Voici tout d’abord quelques citations qui parlent d’elles même, ou presque.

Sarkozy : Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer. (…) Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami, de m’ériger en donneur de leçon.

(novembre 2007) FIDH : Note sur l’état des libertés en Tunisie à l’attention du Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies.

(…) en matière de respect des libertés est sombre. Depuis 20 ans, l’élan de réforme reste bloqué et aucune amélioration notable ne peut être mis en avant par les autorités. (…) les atteintes aux libertés individuelles, y compris la liberté d’association, la liberté de réunion, la liberté d’expression et la liberté de la presse sont quotidiennes (…) La promulgation d’une nouvelle loi relative au système judiciaire, au Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) et au statut des magistrats, le 4 août 2005 « restreint l’indépendance des magistrats », comme le Rapporteur spécial des Nations unies sur l’indépendance des juges et des avocats l’avait définie en mars 2006. (…) De plus en plus, le gouvernement tunisien instrumentalise les préoccupations sécuritaires comme arme de répression de l’opposition et de tout mouvement de la société civile critique par rapport au bilan du gouvernement. (…) la recrudescence de l’usage de la torture sur des prisonniers a été l’un des effets les plus notables de l’application de la nouvelle loi sur le terrorisme.

Vous trouverez de nombreux exemples de torture et d’emprisonnements arbitraires sur Internet, pas la peine de les énnumérer ici.

Sarkozy encourage le communautarisme

Et maintenant, l’interprétation de la petite phrase : Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami, de m’ériger en donneur de leçon.

Elle est, me semble-t-il, bien plus subtile qu’elle ne paraît.

Nous savons que le quoi indique ici les droits de l’homme et que cette phrase est une manière de dire que l’amitié et la politesse sont au-dessus des droits de l’homme. Ceci déjà est choquant, même dans la France rebelle qui déteste aveuglément la délation. Mais il y a plus.

Car en écrivant quoi, il indique aussi combien méprisables peuvent être ces droits de l’homme qu’il n’est même pas nécéssaire de nommer.

En écrivant ce quoi, il dit encore que rien ne vaut l’amitié. Mais qu’est-ce que l’amitié ? C’est un lien entre personnes, un aveu de proximité, une reconnaissance d’appartenance à une certaine communauté.

Ce qu’il fait donc, c’est dire ceci : seul importent les gens qui sont autour de vous, les liens humains qui vous relient à votre entourage.

On peut comprendre que Le Pen ait apprécié la citation, car l’extrème-droite a compris combien les mots de Sarkozy encouragent une certaine forme de communautarisme : le nationalisme. Seuls les Français nous importent, pour les autres, il n’existe aucune valeur morale qui nous obligerait à leur porter secours.

Sarkozy joue sur plusieurs tableaux, il se fait un ami et il sait qu’il justifie une part importante de sa politique sur ces quelques mots, le nationalisme économique, mais aussi sa politique d’immigration au nom d’une communauté française dont les liens sont plus importants que n’importe quoi.

Qui sait, un jour peut-être, nous n’accepterons plus les réfugiés politique ni personne d’autre, car on ne voit pas au nom de quoi, on devrait mettre en avant la souffrance de gens qui n’ont aucun lien avec la France.

Cette phrase est-elle le signe précurseur d’un repli sur soi ? L’aveu que chacun doit balayer devant sa porte et ne pas le faire chez le voisin ?

Ou pire ?

avril 30, 2008 Posted by | Politique | , | 5 commentaires

La liberté d’opinion à l’épreuve de la démocratie moderne

1992, Fukuyama publie La fin de l’histoire et prétend que la démocratie libérale est le plus rationnel des régimes politiques et économiques. Avril 2008, les socialistes français abandonnent le socialisme et se déclarent partisans d’un capitalisme qu’ils décrivent eux-même comme un système créateur d’inégalités, porteur d’irrationnalité, facteur de crises. Ailleurs, des icônes contestataires font de l’anticapitalisme un extrémisme. Les différences politiques se réduisent à des  » plus ou moins  » : plus ou moins de privatisations, de capitalisme, de transparence, de sécurité, de sociale… Seule, la prétention des porte-parole du consensus donne encore la fausse impression d’assister à des débats et à des prises de positions contradictoires.

La société moderne détruit petit à petit la diversité des opinions, un ultra-relativisme narquois s’installe, condescendant à l’égard de toutes les idées trop éloignées du consensus ambiant.
Trois mécanismes sont à l’oeuvre qui font du centre un trou noir parasite.

La vitesse au service de l’uniformisation
L’accélération de la diffusion des informations donne un avantage décisif aux prises positions qui ont à leur service des caisses de résonnance efficaces. Sur ce point, je pense que la vitesse de propagation des idées a plus d’impact que la puissance médiatique, et donc financière, des acteurs.
Dans un environnement où les opinions diffusent lentement, la diversité est assurée. Les idées moins répandues sont discutées dans les populations qui n’ont pas encore subies le lavage de cerveau des idées buldozer.
Au contraire, dans un environnement où les opinions se propagent exponentiellement vite, les plus faibles en terme d’appuis financiers et médiatiques, sont condamnées à la marginalisation. Elles n’ont plus le temps d’être analysées ou discutées. Or si les opinions majoritaires peuvent s’imposer sans véritable réflexion, par suivisme, les changements de paradigme et les idées alternatives ont besoin de temps pour espérer l’emporter.
Contrairement à ce que l’on croit trop souvent, Internet amplifie ce phénomène. Certes, toutes les opinions sont représentées, mais on ne les trouve qu’à condition de les chercher et de connaître leur existence. Quand une idée différente apparaît, même relayée, elle peut tout suite être remise en cause et balayée par les médias institutionnels.
Dans le monde industriel, il est vain d’espérer que les opinions aient un comportement différent des biens et des services. L’économie envahie les mécanismes démocratiques et l’alternatif devient un artisanat qui séduit peut-être les bobos mais ne fait plus véritablement parti du panel d’idées proposées aux citoyens.
On peut même imaginer que l’inévitable privatisation des processus démocratiques donnera à la vie publique l’aspect des sondages : une question, des réponses formatées, et la créativité annihilée au nom de la productivité.

Les activistes vivent en autarcie et n’ont pas d’autre impact sur la vie publique que les séquences émotion du Darfour et du Tibet. Il ne faut pas se contenter de créer des espaces pour une pensée insoumise (1) mais construire un environnement qui donne à chacun la possibilité d’avoir un impact réel sur la vie publique.

Le narcissisme orgasmique
La société de consommation favorise le développement du moi économique, de la partie désirante de l’âme (2). L’individu est encouragé à suivre les comportements qui lui apportent jouissance et satisfaction.
Habitué à la flatterie du monde économique, le citoyen préfère avoir raison, c’est-à-dire, au sens démocratique, suivre les opinions majoritaires que lui indiquent les sondages de toute sorte. On ne lui donne plus les moyens de réfléchir par lui-même, alors que penser de manière autonome les grandes questions que pose aujourd’hui le monde, c’est véritablement, de la part des citoyens, redonner vie à la démocratie (3). Il préfère se regarder dans le miroir des millions d’êtres humains qui pensent comme lui, achètent comme lui et vivent comme lui. Il s’y complaît par paresse intellectuelle.
L’opinion par jouissance des esprits faibles déteste l’effort et préfère l’imitation à la réflexion, encouragée dans cette voie par la plupart des médias et des hommes politiques.


Le mirage de l’individualité

Curieusement, l’affirmation de l’individualité vient renforcer le consensus.
Pour certains philosophes, l’idéal démocratique permet la reconnaissance de chacun. Mais cette reconnaissance politique n’est plus nécessaire quand elle abonde dans d’autres domaines.
Le monde actuel encense chacune de nos singularités. L’histoire individuelle, nos goûts et nos couleurs, tout ce qui peut expliquer les origines de nos opinions prend une importance démesurée au détriment de l’opinion elle-même. Le citoyen est floué de sa créativité politique et de sa capacité à raisonner. Sa psychologie, son storytelling suffit. Il se regarde dans le miroir des autres et dans son propre miroir.
Là où le citoyen sentait qu’une explication était nécessaire, il pense maintenant que plus rien ne s’explique, que l’opinion est intrinsèque à notre personnalité.
Les différences entre opinions, morale et faits s’amenuisent jusqu’à disparaître. Aujourd’hui, on peut dire  » je crois au réchauffement climatique « , sans choquer personne, comme si cette question engageait une foi intime.
Tout est affaire de ressenti et de personnalité, au détriment de la mise en perspective sociale et politique. Mais dans ce cas, une minime différence d’opinion devient énorme de toute l’histoire personnelle qu’elle véhicule. Ainsi, on peut être un peu de droite, un peu de gauche, et avoir l’impression que les différences sont extrèmement importantes. Par une effet de balancier, le spectre politique est gommé à ses extrémités.

La fin de l’histoire est un totalitarisme
Si la société moderne est la fin de l’histoire, alors c’est un totalitarisme : les différents courants politiques disparaissent et avec eux tous les engrenages de la société. Il ne reste plus qu’un brouillard sans articulations d’opinions heureuses et béates entourées de minuscules poches rebelles qui n’ont plus de contact avec la population, sauf lors de quelques vagues émotionnelles qui jouent en réalité le rôle de défouloir et de blanchiment de conscience sans participer à aucune dialectique politique.

Perspectives
Mon texte véhicule un sous-entendu, l’affirmation morale que la diversité des opinions est  » bien « . Ce n’est pourtant pas une évidence. Si la démocratie capitaliste était effectivement le meilleur des régimes politico-économiques, alors l’existence d’opinions qui nieraient ce fait ne serait pas nécessaire.
Pour que mon cri ne soit pas inutile et idiot, je dois expliquer quelques points que je développerais dans d’autres articles :
– la démocratie est le régime politique qui tente d’éviter la concentration des pouvoirs. Mais l’uniformisation des opinions telle qu’elle a lieu actuellement est une concentration des pouvoirs. Ce fait à lui seul justifie mon texte.
– Le réchauffement climatique est le troisième danger auquel l’humanité est confronté (après le totalitarisme autodestructeur nazi et la guerre nucléaire). Comme en biologie, la diversité des opinions et des idées est un gage de survie. Plus grande est la palette d’idées disponibles, et plus grande est notre chance de surmonter les risques écologiques. Mais là encore, ce n’est pas tant une question d’existence des opinions qu’une question d’impact : l’idée du réchauffement climatique a mit bien trop longtemps à s’imposer, et les actions ne sont toujours pas engagées. Pourquoi ?
– je ne pense pas qu’il y ait une unique solution concernant le régime politico-économique. Ceci aussi est à prouver. Le communisme ou l’économie participative, existe-t-il réellement d’autres possibilités que la démocratie capitaliste ?

(1) Morgane Lory.

(2) Francis Fukuyama.

(3) Howard Zinn.

avril 28, 2008 Posted by | philosophie, Politique | , , , , | Un commentaire

Mon amie, l’instite

Les instituteurs et les professeurs font un métier formidable. On le dit, on le répète. Ils ont tant de chance d’avoir nos enfants, la chair de notre chair, le sang de notre sang, l’ovule de notre ovule. Ils accompagnent le développement des petits et des plus petits. Des mots d’encouragement devraient leurs suffire. Même à S..

S. travaille en région parisienne, en banlieue. Dés la sortie de ses études, jetée en pâture parmi les durs de durs. Des p’tits caïds d’un mètre dix. Des gamins terrifiés. Des étrangers.

Des étrangers ? Oui. Non. Plutôt des français d’une autre culture. On sait pas trop. Exclus et oublié, ça on sait.

S. les regarde et ne les connaît pas. S. n’a aucune formation. Cette ignââârde. S. est ailleurs. Dans les limbes de La Ville, la capitale clinquante et bobo.

Pendant que les mots creux sortent de la bouche des médias – mais que font les parents ? – S. fait son premier burn-out. Une fête, un baptême.

Doit-elle donner sa démission ? Qui prendra sa place ? Un marathonien peut-être. Un lutteur serait plus adapté.

L’état s’interroge. Faut-il la soudoyer, la protéger ? La faire taire, la cacher, surtout. Que personne ne sache.

S. désire continuer. Pour les petits. Pourtant, S. n’a pas le charisme d’un engagement porté par l’espérance. Pas d’espoir pour elle. Pas d’espoir pour les enfants.

Il est midi, S. est chez elle. La dépression guette qu’elle guette aussi. Un ballet dangereux qui mérite plus que des mots. Peut-être.

avril 14, 2008 Posted by | Histoires, Politique | , , | Laisser un commentaire

La nature en politique

Castor nature

Castor est bon, Castor est honnête, Castor a deux enfants. L’un est petit, l’autre est grand. Ils vivent dans une cabane à Kamouraska, mangent à leur faim et dorment tout l’hiver. La normalité des choses qui doivent être est respectée et les voisins ne sont pas inquiets.

Castor cadet joue parmi les tourbillons de la rivière, et les rapides, ses amis. La truite aussi est son amie. Mais pas son frère.

Truite surveille les maringouins. Elle attend que l’un d’eux tombe à l’eau, ils sont si maladroit ! Ils composent souvent son repas maintenant qu’elle est vieille et qu’elle n’arrive plus à attraper les délicieux alevins. Castor cadet la cherche. L’agilité et la gentillesse de Truite en font la meilleure des compagnons de jeu.
Et elle conte si bien et est si savante que, dans la forêt, sa sagesse est légendaire. Même les ours noirs avides et toujours affamés l’épargnent, elle et elle seule parmi les gras poissons, les maskinongés et les saumons, et préfèrent lui demander conseil, la météo, et les meilleurs coins pour le miel. Très peu de poissons savent où trouver les abeilles, c’est une qualitée qui paraît souvent suspecte, et les habitants de la rivière la croient un peu sorcière. Les naïfs, les niais.
Castor cadet cherche Truite et la trouve enfin, près du rocher aux indiens, sous la berge surplombante de terre noire et de racines mêlées. Immobile. Que fait-elle ? se dit-il.
– Bonjour grand-mère truite.
– Bonjour mon enfant, répond-elle en chuchotant.
– Voudrais-tu jouer avec moi ?
Truite chasse, elle a faim de tout ce qu’elle n’a pas attrapé la veille. Par malchance. Ou à cause du froid qui revient, plus féroce qu’un millier de truites affamées, et qui commence déjà à tuer les insectes nés de l’été.
– Je ne peux pas venir, j’ai faim. Et puis à mon âge, je ne peux pas nager comme au matin de ma vie. Trouve quelqu’un d’autre. Ton frère par exemple.
– Mais, Truite, tu sais bien que je ne peux pas jouer avec mon frère !
Truite cesse un instant de surveiller les moustiques pour se concentrer sur le jeune bièvre. Elle est curieuse, Castor cadet a souvent des idées originales et farfelues, des idées de castor ingénu, ou des idées humaines, car il côtoie bien trop les hommes pour une pensée saine.
– Comment ça ?
– Je ne peux pas, deux frères ne peuvent pas jouer ensemble.
Un joli mouvement ondulé retourne la truite, le corps abaissé, la queue presqu’à l’air. Elle le regarde, sévère.
– Et nous, crois-tu que nous pouvons être ensemble, toi castor, moi poisson ?
– Bien sûr que non, c’est différent ! Mais deux frères ne peuvent pas jouer ensemble, calmement et sans bagarre, ce ne serait pas naturel.
Un spasme musculaire envoie Truite à deux pieds au dessus de l’eau, où elle retombe violemment. Aïe silencieux. Elle est furieuse, et rosie, d’un joli rose saumon. La température monte, le petit coin d’eau calme se réchauffe et s’échauffe et de la vapeur d’eau s’échappe et s’élève, lentement, dans le ciel, à la surprise des grenouilles qui avaient prédit le beau temps pour une semaine encore, un mois peut-être.
– La nature, dit-elle, la nature a bon dos !
La nature fraternelle serait l’état de lutte permanente, la rivalité, ou la haine, que sais-je ! La nature fraternelle serait de ne jamais jouer de concert ?
Quoique l’on pourrait penser, Castor cadet n’est pas effrayé. Enfin. Si peu. Truite est son amie. Et puis. Il est si sûr de lui ! Il opine du chef et des dents, il a raison, c’est évident !
– Tu penses donc que la nature est un guide, un fil d’Ariane dont il ne faudrait pas t’écarter, de peur de te perdre, d’errer… Mais d’errer où ? D’être malheureux, pas heureux ?
Tu voudrais que ta famille agisse comme des boules de billard qui vivent leur vie et suivent leur propre trajectoire, indépendantes, en s’ignorant, sauf quand elles se heurtent, violemment.
Elle semble se calmer, Castor cadet est très gêné. Se faire réprimander de la sorte par la truite si sage n’est pas une expérience agréable. Surtout quand elle a tort. Foi de castor.
– Il est difficile de connaître la nature, puisque par nature, nous sommes influençables, éducables. Alors, qu’est-ce qui est de nature, et qu’est-ce qui est de culture, tout cela n’a pas d’importance.
– Mais Truite…
Truite l’interrompt à coups de bulles.
– Laisse moi finir. Un jour peut-être, tu comprendras que ce sont tes désirs et tes aspirations qui sculptent ton monde. Celui que je te vois construire ne me plaît pas. Maintenant, je te laisse, car jamais les poissons ne doivent frayer avec les castors. C’est une rêgle d’or.
D’un bond magnifique, Truite saute le rocher aux indiens, et le quitte, alors que Castor cadet crie et regrette déjà ses paroles. Non pas de les avoir pensées, mais de les avoir dites. Castor cadet vient de perdre une amie. Pourquoi ? Pourquoi ? Il se laisse emporter par le courant, inerte, la queue flasque et les poils abattus. Parmi les rapides qui étaient ses amis. Tout ce temps qui lui paraît si long passe et le voilà maintenant dans l’étang de son père, il dérive et pleure, triste. Ne comprenant pas le comportement de Truite. Elle parle à tous les animaux des bois. Pourquoi pas à lui ? Castor cadet la hait. Castor cadet est en colère.
Dans la hutte, son père est là et se repose. Castor cadet raconte tout. C’est si rare. Son père qui l’aime l’écoute attentivement,
confortablement installé sur le sol, les yeux à demi fermés.
– Cadet. Je ne suis pas content. D’où te vient cette idée que deux frères ne peuvent pas jouer à l’unisson ? Tu as tort, crois-moi. Tu dois extirper cette idée absurde de ta tête, te faire pardonner par ton frère, foi de castor. Je crois aussi que Truite a raison. Jamais je n’ai parlé à un poisson, ni mon père, ni ma mère. Vous êtes trop différents, la nature t’as fait castor, et castor tu resteras. Truite ne peut être ton amie, mes parents et moi l’avons toujours évitée. Regarde la parler aux ours féroces et chasseurs, n’est ce pas le signe de sa perfidie, de sa sournoiserie, de sa fourberie ?
Cadet regarde son père, incrédule. Tout cela n’a aucun sens !
– Jamais, jamais !
Castor s’enfuit, nager, nager, nager encore. Il frappe l’eau de sa queue. De plus en plus fort. Selon un vieux code castor qui remonte à la nuit des temps, ou du moins, à très très longtemps.
– Je veux que tout soit comme avant, je veux mes amis d’antan ! Pardonne-moi frère, pardonnez-moi amis de la rivière ! Il frappe des heures durant, sous sa queue, un creux, l’eau se retire, elle si sensible, et demande de sa petite voix rendue rauque par l’humidité :
– Que t’ai-je fais Castor cadet pour me frapper ainsi ? T’ai-je jamais noyé ? Ne t’es-tu pas toujours amusé chez moi ?
Castor cadet va pour répondre, violemment, car après tout, il n’est pas content, lorsque des bulles apparaissent, et Truite sort la tête de l’eau.
– Laissez, dit-elle. Je vais m’en occuper, Castor cadet va arrêter, n’est-ce pas mon petit ?
Subjugué, inquiet aussi qu’elle ne disparaisse, Castor cadet se tait, malgré qu’il en ait.
– Alors Castor ?
– Je m’excuse Truite, je veux que tout le monde soit mon ami, même mon frère.
– C’est bien, mais comprends que je ne t’oblige pas à aimer ton frère, même si tu devrais, car je le connais et je ne vois aucune raison de le détester. Demande-toi avant tout si tu ne peux pas changer, et ce que tu préfères. En politique familiale, tu es responsable de tes choix, jamais tu ne pourras t’excuser.
– J’ai compris Truite,

le castor est libre de choisir ses amis.

L’obsession naturelle

L’état de nature de l’homme fait fantasmer les philosophes comme les politologues.

Pour Hobbes, il consiste en la guerre perpétuelle de tous contre tous, justifiant ainsi les gouvernements forts et coercitifs, voir la guerre entre les états, qui a tout prendre, serait le moins pire des choix :

en tout temps les rois et les personnes détentrices de l’autorité souveraine, en raison de leur indépendance, s’envient en permanence et se mettent dans l’état et l’attitude des gladiateurs, pointant leurs armes l’un vers l’autre (…). Mais, puisque par ces moyens ils protègent les entreprises de leurs sujets, cette situation n’engendre pas la même misère qui accompagne la liberté des individus particuliers.

Au contraire, Rousseau pense que l’état de nature est un âge d’or et que seule la civilisation corrompt, rendant l’homme violent et avide. Il en conclu que le meilleur des régimes est la démocratie, et donc, par définition, un état faible où la préservation de la sphère des droits individuels implique une limitation précise du pouvoir de l’état.

La troisième théorie politique concernant l’état de nature est la moins connue et pourtant la plus répandue. Elle affirme avec force, constance et intransigeance, à toutes les époques et dans toutes les cultures, que le régime politique, social et économique en place est le seul valable car naturel, le « car »apparaissant ici comme un cheveu sur la soupe, une improbabilité statistique, une idiotie, puisqu’on est bien obligé d’avouer que si tous les régimes sont naturels, alors aucun ne l’est.
En occident, cette théorie justifia pendant lontemps la royauté de droit divin. Aujourd’hui, c’est le libre marché qui est l’instrument de la volonté divine : The free market (…) was a perfectly designed instrument to reward good Christian behavior and to punish and humiliate the unrepentant . Une interprétation simpliste de la théorie de l’évolution permet, en ce domaine, de réconcilier croyants et incroyants, « la lutte pour la vie » devenant la libre concurrence, prouvant ainsi que, quand on veut, on peut… être con.
Le premier problème quand on fait de la politique n’est pas de savoir ce que l’on pense, mais pourquoi on le pense.

Biblio :
A lire : Gordon Bigelow, Let there be the markets.

On trouve facilement l’article sur Internet, il est court et passionnant.

avril 11, 2008 Posted by | Histoires de Castor, Politique | , , , | Laisser un commentaire

Waterboarding

Castor est bon, Castor est honnête, Castor a deux enfants. L’un est petit, l’autre est grand. Ils vivent dans une cabane à Kamouraska, mangent à leur faim et dorment tout l’hiver. La normalité des choses qui doivent être est respectée et les voisins ne sont pas inquiets.

Cette fin de semaine, Castor cadet reçoit son cousin américain. Il a son âge et mesure deux pouces de plus que lui. Ses bras sont énormes. Il lui a expliqué, il est « bodybuildé ». Un mot nouveau pour un corps nouveau. Castor cadet n’est pas sûr d’aimer.

Castor américain apprend le français de France à l’école, et il ne connaît, ni le français, ni l’anglais, de Gaspésie, mais… Une petite explication s’avère nécessaire. Une toute petite qui ne mettra pas en péril les capacités de concentration du lecteur.

Un linguiste de Gaspésie a tout expliqué. Il a écrit une thèse trop longue que je l’ai lue avec abnégation et persévérance. En quelques mots, il dit ceci : l’anglais de Gaspésie est incompréhensible pour un anglais, le français de Gaspésie est incompréhensible pour un Français, mais les Anglais de Gaspésie et les Français de Gaspésie se comprennent entre eux. Le linguiste en est sûr, absolument sûr, une langue nouvelle est en train d’émerger sous ses yeux écarquillés, un petit miracle de l’évolution dont on pourrait faire une langue internationale, un symbole d’espoir et de renouveau pour l’infini diversité des univers. Il l’imagine déjà, cette langue nouvelle devrait s’appeler espéranto de Gaspésie. C’est un beau rêve pour un futur hypothétique. En attendant, l’anglais et le français de Gaspésie continuent leur lente dérive vers l’incompréhensible.

Revenons-en aux deux cousins, pour qui, rien n’est perdu ! Castor américain a l’habitude des langues étrangères, car il apprend aussi l’anglais d’Angleterre. Ils communiquent, par gestes et en articulant profondément, les dents rangées sur le côoté pour ne pas gêner, tant il est vrai qu’il suffit de vouloir s’amuser pour être capable de parler toutes les langues de la terre, passées, présentes et futures — la faim marche aussi.

Les cousins castors jouaient au sommet de la colline, dans la neige qui recouvrait encore les dalles rondes, plus haut, bien plus haut que les falaises de granit et leurs fissures droites et profondes qui, dit-on parmi les faucons, s’enfoncent jusqu’au centre de la Terre. Le père de Castor cadet chuchote autre chose : Les faucons volent trop souvent dans les orages, ils doivent recevoir quelques décharges électriques qui leur met la tête dans les nuages.

Castor cadet et Castor américain jouent. Castor cadet est impressionné, il n’avait jamais vu de castor monter aux arbres ! Ni sauter, ni courir ainsi. Il pense : le cousin américain est plus adroit qu’un ours. Boules de neige, courses et coupes de bois, l’Américain gagne toujours et c’est normal. Il est plus fort, plus grand et plus adroit.

Castor cadet s’amuse un peu, s’amuse beaucoup, mais voudrait gagner un peu, comme tous les enfants, comme tous les parents. Il pourrait demander à Castor l’aîné de l’aider. Il est plus grand, bientôot mature, déjà bedonnant. Mais c’est son frère, et si il y a une chose qui transcende les espèces, c’est bien celle-là, l’impossibilité pour deux frères de s’entraider.

Castor cadet réfléchit. Il a déjà vu son oncle aider son père, pourtant ils sont frères. Mais ils sont adultes aussi. Castor cadet comprend : il ajoute la fraternité à la longue liste des qualités qui disparaissent à l’âge adulte.

Castor cadet se souvient, car il est vrai que la Gaspésie est au Québec et qu’au Québec, on a bonne mémoire, et qu’on se souvient beaucoup, partout, de tout. Il avait vu, en cachette bien sûr, à la télé, parler Miss Teen Caroline du sud, ce qui lui donne une idée, une illumination qui va le sauver.

Le lendemain matin, les castors cousins s’amusent dans l’eau de la retenue, plongeons et pirouettes nautiques sont les deux mamelles des jeux des castors aquatiques. Avant le dîner, Castor cadet fait semblant d’être fatigué, il se repose sur le bord de la rivière et propose, nonchalamment, un jeu un peu différent. Il demande : connais-tu la capitale de l’Angleterre ? Castor américain dit « Paris » ! Celle de la France ? Castor américain dit non. Celle de la Chine ? Castor américain dit non. Castor cadet saute sur ses pieds en rigolant : tu ne connais rien dit donc ! Et il chante, rien de rien, rien de rien…

Qu’a-t-il fait là ! Son cousin a perdu la face ! Pauvre Castor cadet qui avait oublié l’histoire-proverbe de son père : Les Français pensent que les Chinois ne supportent pas de perdre la face, les Chinois pensent que les Américains ne supportent pas de perdre la face, et les Américains pensent que les Français ne supportent pas de perdre la face. Le Castor sage est prudent et évite de provoquer les Français, les Chinois et les Américains.

Mais c’est trop tard maintenant. Le cousin américain est en colère, il ronge un peu tout, les arbres et les cailloux, puis court sur le bord de la rivière qu’il se met à frapper furieusement avec sa queue musclée. Il pense et est : Castor cadet a triché, nécessairement, on l’a aidé, forcément. Il doit savoir, c’est vital, un tel échec ne doit pas se reproduire, car il remettrait en question son leadership, sa domination, son rôle de guide pour les castors de Gaspésie.

Castor américain a une idée. Le président de chez lui, un chrétien compatissant, dit de temps en temps à ses agents : mettez les méchants dans l’eau et vous en ferez un délateur tout chaud. Le cousin américain l’a entendu, le waterboarding est efficace et sûr. Il regarde Castor cadet et l’attrape au collet, puis d’un mouvement efficace de judo, lui met la tête sous l’eau. Pour noyer un castor, il faut un moment, c’est un problème, alors il attend, il attend, puis au bout dudit moment, lui sort la tête.

– Alors ?

– Alors quoi ?

– Tu sais très bien de quoi je parle !

Et plouffe, la tête dans l’eau. Castor américain rêve un peu, il aime être chef, mais il ne savait pas que c’était si amusant de noyer les gens ! Il n’entend pas Castor père et Castor père américain qui arrivent dans son dos, lentement d’abord, en devisant, puis rapidement, en courant. Il se sent soulevé et bousculé. Que fais-tu pauvre innocent, crient les parents. Il a triché, pleurniche Castor musclé. Ce n’est pas une raison pour le torturer ! C’est pas de la torture, continue de pleurer le cousin, c’est Bush qui l’dit !

Pendant qu’il s’explique, de manière un peu embrouillée, Castor cadet écoute, reprend son souffle et se souvient de sa peur. Il ne connaît pas ce Bush, mais il sait une chose maintenant qu’il enseignera à ses futur enfants :

Rigoles pas d’Bush, y pourrait prendre la mouche.

avril 3, 2008 Posted by | Histoires de Castor, Politique | , , | Un commentaire

Les radins

Bon. On va pas se nier les choses hein ? On peut pas s’occuper de la misère du monde, on serait ruiné. D’ailleurs.

Il était une fois un accord avec la France pour les échanges d’étudiants. Les Québecois pouvaient aller étudier en France, les Français au Québec, tout cela plus ou moins gratuitement. Tout allait bien, il y avait plus de Québécois en France que de Français au Québec. Mais un jour et même toujours depuis un certain temps, c’est le contraire ! Et tous ces Français qui viennent étudier au Québec, ça coûte cher. En tant que castor du Canada, je suis contre. C’est inadmissible que les Français profitent de notre merveilleux système universitaire de la sorte, à prix modiques et sans contreparties. Enfin… Tous ces problèmes d’argents, le gourvernement les repèrent hyper facilement. Ils l’ont dit, ils en sont conscient, ils vont rediscuter l’accord, j’espère qu’on va se faire des couilles en or.

mars 27, 2008 Posted by | Politique | , | Laisser un commentaire