Castor politique

Des fables et de la politique

le climatologue et le journaliste spécialiste de météo

Cette semaine sur Arte, une émission débattait des changements climatiques. Etaient présents : deux ou trois climatologues et un journaliste-spécialiste-de-la-météo-qui-ne-croit-pas-au-réchauffement, Laurent Cabrol. Il a d’ailleurs écrit un livre sur le sujet, inutile de le lire.

Par contre, ça valait le coup d’écouter ses arguments. Pour l’fun.

Son premier atout était bien simple : trop de monde, trop de scientifiques admettent la réalité du réchauffement climatique. En bon 68ard, ce Laurent ce Cabrol ne pouvait que se rebeller en sachant très bien qu’il trouverait pour le suivre toute une communauté touchée par sa « révolte ». Ah oui, je mets « révolte » entre guillemets car c’est une curieuse révolte que celle qui cherche à ne pas bouger, la révolte de la bernique en quelque sorte.

Son second argument, qu’il énonçait d’une voix grave de vieux sage et dont il abusait  était bien plus évident : on nous demande de modifier notre mode de vie au nom de doutes. Ah, ah ! Le mode de vie, c’est une réalité tangible, celle qui nous permet de partir en vacances aux Antilles et d’y louer un 4*4. Le doute, lui, est intangible, et l’intangible ne fait pas le poids… Bernique ! disait-il, je ne bougerais pas ! Voilà encore un bel argument qui nous remue les entrailles et nous pousse à caresser la télévision et tous les objets que nous chérissons. Le doute ne vaut rien et surtout pas quelque chose que je peux tenir dans la main.

Son troisième argument était très très rigolo. Laurent disait, « moi j’ai rencontré des scientifiques qui ne croient pas au réchauffement ». Des spécialistes de la libido peut-être… on n’en sait rien. Toujours est-il que ce monsieur avait rencontré des scientifiques, alors que les climatologues n’en rencontrent jamais car c’est bien connu, ces climatologues se cachent sous leurs bureaux dés qu’un collègue passe, ne prennent jamais l’avion, n’organisent aucune conférence et se terrent dans les entrailles de leurs simulations.

Laurent Cabrol est un fait social, il ne devrait pas être invité à des émissions sur le réchauffement climatique. Par contre, il aurait eu sa place dans une émission sur la musique Basta ou sur les habitudes culinaires de trifouilli les oies. Laurent Cabrol est une curiosité, une production de la société moderne, une monstruosité culturelle. That’s it.

décembre 17, 2008 Posted by | actualités, média, Politique | Un commentaire

La gauche comment ?

Depuis quelques années, le paysage politique français passe par des hauts et des bas, beaucoup de bas, qui le modifient en profondeur. Malheureusement ou heureusement, c’est selon, une évolution est inéluctable. Elle s’est déjà traduite par l’apparition (peut-être transitoire) d’un centre qui cherche à phagocyter le PS, par l’abandon du socialisme par le parti du même nom, par le désir de Besancenot de créer une nouvelle gauche et par la politique « d’ouverture » de Sarkozy.

Les modèles deviennent mouvant, des idéologies sont abandonnées alors que d’autres apparaissent. Tout semble confus et le bordel du PS n’en est que la face tragicomique.

L’inéluctabilité

Une idéologie n’est pas le fruit d’une pensée ex-nihilo mais la compilation simpliste des intérêts d’un groupe social. Le communisme est né avec l’apparition de la classe ouvrière et le capitalisme s’est développé parmi la classe dirigeante anglo-saxonne du XIXe siècle. Plus loin dans le passé, l’idéologie aristocratique a permit d’affermir la domination des envahisseurs de l’empire romain et plus près de nous le capitalisme financier moderne découle de la « démocratisation » de la bourse et de l’achat d’actions par la classe moyenne américaine.

Les idéologies suivent les transformations de la sociétés et ne les précèdent pas.

Elles sont dictées en partie par les caractéristiques de la société où elles sont énoncées, même si une certaine latitude ne peut être niée. La concomitance de l’apparition des utopies socialistes (3) prouve combien l’évolution des pensées politiques est parfois indépendante de notre volonté.

Pour comprendre les modifications des programmes et des idéologies des partis français, il est donc nécéssaire de comprendre les changements qu’ a subit la société française.

Par exemple, la précarisation du travail est un fait historique. On peut lutter mais ses conséquences psychologiques et politiques sont inéluctables. Il faut aussi accepter que pour une minorité importante, cela ne soit plus réellement un problème. Au contraire, le changement d’entreprise est devenu un désir autant qu’une nécessité.

Les voyages sont plus fréquents, que ce soit pour le travail ou pour le plaisir. Les ingénieurs parcourent le monde pour suivre leurs clients ou leurs fournisseurs, comment cela change-t-il leurs façons de voir les politiques économiques ? (Ne m’objectez pas que seuls les riches voyagent car ça ne modifie en rien mes propos. Premièrement, ces riches qui voyagent sont nombreux, et se comptent en centaines de milliers. A ce niveau là, ça devient une importante minorité. Deuxièmement, à l’époque de Marx comme aujourd’hui, les idéologies sont énoncées par les gens les plus éduqués. Ceux qui interprètent les désirs d’une classe ne font pas nécessairement parti de cette classe. Ce sont des politiciens ou des intellectuels, sincères ou non, qui sont nécéssairement influencés par leur propre éducation et parcours personnels.)

La crise écologique aussi modifie notre façon de voir le monde. Quels sont et quels seront ses impacts sur la politique ? L’apparition déjà ancienne d’un parti vert n’est que la partie emmergé de l’iceberg. Une nouvelle morale écologique apparaît. Par bien des aspects, elle est tout aussi conformiste et toute aussi oppressive (les radins) que n’importe quelle morale (je ne remets pas en cause sa nécéssité ni même son urgence).

La société a changé. Les partis réagissent avec retard. Les idéologies aussi. Elles évoluent brutalement, par surprise. C’est normal car elles font parti de nos moyen d’appréhender le monde et nous les conservons comme repère toujours plus longtemps que nécessaire.

Le pêché originel

Bien qu’une évolution soit inéluctable, nous avons néanmoins un rôle à jouer. Heureusement. Et nous sommes bien plus maîtres de notre destin que ne le furent nos prédécesseurs. Nous pouvons (nous devons) essayer de ne pas nous laisser aveugler par nos idéologies.

Un contre-exemple illustrera mes propos. Au début du XXe siècle, les communistes et la plupart des figures de la gauche (1) soutenaient la colonisation. Ainsi Léon Blum, le 9 juillet 1925, lors d’un discours devant le députés, s’exclame « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler au progrès réalisées grâce aux efforts de la science et de l’Industrie »… De leur côté, initialement, les communistes ont vu dans la colonisation un providentiel accélérateur de l’histoire en direction de la création d’un société communiste.

La gauche, obnubilé par le rêve d’un société sans classe, avait laissé de côté son humanisme et s’était laissée aveuglée par ses idéologies.

Aujourd’hui, nous avons mangé le fruit interdit.

Nous connaissons une bonne partie des conséquences de nos comportements. Nous savons que chacun de nos achats contribue à réchauffer la terre et à désertifier le sahel. Nous savons que notre rêve d’un agriculture industrielle tournée vers les agrocarburants contribue à affamer les plus défavorisés. Nous savons qu’une baisse des impôts signifie un appauvrissement, une augmentation des risques sanitaires et une ségrégation éducative plus forte pour les plus pauvres.

Nous savons aussi que la fin ne justifie pas tous les moyens. Nous savons que l’oppression israelienne ne justifie pas les attentats sur des civils. Nous savons que l’attaque de 1948 des pays arabes contre Israel ne justifiait pas le nettoyage ethnique. Nous savons que le 11 septembre ne justifie pas les guerres. Nous savons que la présence d’un haut responsable d’Al Quaida dans un village pakistanais ne justifie pas qu’un missile tue des innocents. Nous savons que le terrorisme ne justifie pas les restrictions des droits individuels.

Ma gauche à moi ?

Si nous admettons le caractère égoiste de nos idées politiques, pouvons-nous néanmoins fixer des limites à cet égoisme, pouvons nous créer une pensée politique qui ne serait peut être pas très précise, qui resterait pragmatique, à l’image des démocrates américains, et qui saurait néanmoins avoir des barrières morales, un humanisme que la droite de Sarkozy (2) cherche à faire sien ?

Être de gauche aujourd’hui ne peut pas seulement signifier la défense de la classe moyenne car la droite aussi prétend la défendre et cela peut se faire au détriment des plus pauvres(5). Non, être de gauche, c’est refuser de sacrifier les populations fragiles sur l’autel de la majorité. C’est refuser de relancer l’économie et de protèger la planête au détriment de ceux qui souffrent déjà (3).

Cette manière de penser sera de plus en plus importante dans les années à venir. Nous nous approchons d’un monde malthusien. La crise écologique qui s’annonce est si importante que nous aurons sans doute de plus en plus la tentation de privilégier le problème du réchauffement climatique au détriment des hommes (bien que les deux soient très liés, et qu’une action contre le réchauffement soit en réalité un bienfait pour l’homme). Peut-être auront nous aussi la tentation du totalitarisme. Nous savons comment la moindre peur (par exemple celle du terrorisme) nous amène à négliger des pans entiers du droit.

Donc, être de gauche, c’est avoir à l’esprit les plus faibles.

Ceci dit, est-ce suffisant ? Non.

Des compromis sont nécessaires. On ne peut gouverner qu’avec une majorité. L’enrichissement d’une grande partie de la population a déplacé le maximum de la courbe des revenus vers le centre. Il importe donc aussi de comprendre les desirata de ce « nouveau centre » et surtout de lui proposer des solutions. Sinon, Bayrou ou la droite s’en chargeront (ils s’en chargent déjà), et la gauche se retrouvera isolée, sans jamais plus avoir la possibilité de gouverner.

(1) à l’exception notable de Rosa Luxemburg.

(2) même si il y a beaucoup de poudre aux yeux, cf sa visite en Tunisie.

(3) Je dis « souffre », mais pourquoi pas ? Etre de gauche ne signifie que l’on doive n’utiliser que des mots froids et prétenduement objectifs pour désigner les problèmes de société.

(5) surtout que la classe moyenne est grande. On peut prendre favoriser les plus riches ou les plus pauvres de cette classe.

novembre 19, 2008 Posted by | Politique | , , | 2 commentaires

Les crises du capitalismes et les rêves socialistes

Il est entré dans la salle, tout excité par la nouvelle baisse de 10% de la bourse française. Deux jours auparavant, il rassurait une collègue… sur la capacité des gens à reconnaître les ressorts de l’oppression et à se révolter contre le système capitaliste, à la manière des journalistes et des chercheurs qui écrivent dans Le Monde Diplomatique et distinguent le changement et la révolution à chaque nouvel évenement social ou économique.

On veut espérer, croire, rêver. Peut-être faudrait-il mesurer, comprendre, construire.

On entend tout et son contraire, il y a du progrès ici, une régression là, et les tautologies s’accumulent comme les blogs sur le web.

Aux Etats-Unis, les démocrates sont favorisés par la crise lit-on un peu partout dans les journaux. En filigrane on comprend que les républicains sont favorisés par une capitalisme en bonne santé. Et à lire les réactions des « humanistes de gauche », on en vient à se demander s’ils ne souhaitent pas la bienvenue à une crise qu’ils imaginent volontier portant une rose au veston.

Mais revenons à ces républicains favorisés lorsque « tout va bien ». Marx divisait la société en classes aux intérêts divergents et luttant pour la plus grande part du gâteau. Quelques soient ses conclusions, quelques soient nos espérances, on ne peut pas nier la propension de l’homme à lutter pour lui-même et uniquement pour lui-même. Sur cela, il avait vu juste : chaque classe se bat pour son propre bien.

Laissons donc un instant de côté la solidarité et toutes ces fadaises. Dans une société comme la nôtre, où la classe moyenne supérieur est nombreuse, est-il possible d’espérer le progrès social, même lorsque certains indicateurs économiques (1) sont au vert ?

Pourquoi je pose cette question ? Bonne question justement. Je m’interroge sur le fonctionnement de la démocratie : on en parle souvent comme le règne de la majorité, mais c’est une vision très restreinte. Nous savons tous que nous ne sommes pas égaux, que notre richesse nous donne une influence sur les esprits. Essayons de l’intégrer dans le processus démocratique : on pourrait imaginer que le vote des riches a plus de poids que celui des pauvres. En raisonnant ainsi, on trouve que le poids politique d’une certaine partie de la population, disons la classe moyenne supérieure, possède un poids politique plus grand que ne semblerait l’indiquer son simple nombre. Bien sûr, mon raisonnement reste flou : il est difficile de cadrer cette soi disante classe moyenne supérieur. On ne peut pas parler en terme de pourcentage de plus riches, par exemple, car le sentiment d’appartenance, sentiment évidemment subjectif, compte pour beaucoup. Mais on peut néanmoins admettre que le poids de cette catégorie (2) augmente ou a augmente depuis un siècle.

Supposons maintenant que le poids politique de cette minorité soit devenu si grand qu’elle agisse comme une minorité de blocage. Cette frange aisée de la population pourrait se sentir menacée en temps de crise mais agirait sinon comme un stabilisateur (ou un conservateur) de la société puisqu’elle aurait le sentiment d’en retirer un avantage (subjectif).

Plus intéréssée par son statut de consommateur que de citoyen, l’homme de la classe moyenne supérieur ne voit plus vraiment le vote comme un modificateur social, mais plutôt comme un choix supplémentaire parmi tous ses autres choix de consommation. Pour lui, le vote se dissout dans toutes les autres possibilités que lui offre la société. De plus, l’impact de son vote reste bien plus faible que l’impact de ses choix de consommation. Par exemple, le temps passé à s’informer pour voter est relativement bien plus important au regard du bénéfice escompté que le temps passé à s’informer pour choisir le meilleur téléphone portable : dans ce dernier cas, un choix judicieux permet de faire des économies immédiates et d’en retirer une satisfaction plus importante.

Il me semble que pour notre individu virtuel, l’engagement politique n’a plus de sens. C’est-à-dire que ne distinguant plus l’impact de son propre vote, il en viendrait à toujours voter du centre-gauche au centre-droit, pour un changement tout au plus minime. Selon cette manière de voir, voter à gauche ou à droite n’a plus vraiment d’importance, et statistiquement, cette classe jouerait facilement le rôle de contre-poids, provoquant l’alternance et le retour de balancier sans donner aucune direction politique sur le long terme.

Selon moi, l’enrichissement de la société dans le cadre capitaliste a nécéssairement pour conséquences une stabilisation de cette société. J’entends déjà certaines personnes se réjouir : « mais puisqu’on est plus riche, où est le problème ? »

Le problème, justement, vient du modèle de société qui est ainsi véhiculé : une classe stabilisatrice riche, et une classe pauvre, peut-être peu nombreuse, mais ne disparaissant jamais car oubliée par la dictature de la majorité. L’idée qu’il y aura toujours des pauvres ne date pas d’hier mais elle ne prend pas en compte le fait que la masse des pauvres a singulièrement diminué depuis 2 siècles. Pourquoi le but de la société ne serait-il pas de faire disparaître complètement la misère ?

Est-il possible de lutter ? On peut l’espérer et ne pas y croire. Je lisais voilà quelques années un article d’un journal de la gauche américaine qui disait que l’on ne pouvait plus espérer de changement (de révolution?) dans les sociétés occidentales et que seules les sociétés du tiers-monde allaient être capables de trouver des idées et de gagner de nouvelles luttes.

Aujourd’hui, tout va mal. Mettons nous d’accord, cela ne signifie pas que tout le monde souffre, non, mais que les plus riches voient leur niveau de vie baisser. Relativement. Mais pas contre, déjà hier, au temps de l’argent facile (3), les plus pauvres ne s’enrichissaient pas plus. C’est néanmoins une expression significative : quand la proportion de gens qui souffrent réellement passe en dessous d’un certain seuil, elle est complètement oubliée.

Alors, comment faire pour diminuer la misère ? Il n’existe pas de seuil en dessous de laquelle elle serait supportable. Même si c’est l’impression qui est donnée par l’évolution de la société occidentale depuis la fin des trentes glorieuses.

(1) indicateurs qui n’ont pas de signification sociale, et en tout cas aucun autre sens que macroéconomique.

(2) qui resterait donc à définir précisement.

(3) lu dans Le Monde. Argent facile pour qui ? On aimerait le savoir.

octobre 15, 2008 Posted by | Politique | | Laisser un commentaire

La réthoriquitue

Ne jamais écrire le mot « évident » dans un article scientifique. Quel thésard peut prétendre ne jamais avoir entendu cette phrase ? Par prudence vis-à-vis des futur découvertes, ou bien tout simplement pour éviter le ridicule en cas d’erreur, l »évidence » est bannie des sciences. Ce n’est pas le cas en politique puisque les faits y sont toujours « évidents », les preuves nécéssairement « accablantes » et les rumeurs « bien connues ».

Cette réthorique qu’il m’arrive d’utiliser par énervement ou par fatigue, et je m’en veux alors profondément, est le dernier refuge de l’incompétence (1), la marque de l’ignorance, une tentative d’utiliser le mépris à la place de l’argumentation. Ainsi, un tel dira tu ne peux pas croire que … comme si le fait de penser que … était la preuve d’un handicap mental, d’un retard honteux. Il ajoutera, si vous vous obstinez, que tous les scientifiques savent que … , insinuant que vous avez la prétention d’en savoir plus que tous les scientifiques de la planète.

Cette forme « agressive » de la réthorique (2) est sans doute inévitable.

Quand je dis qu’elle est inévitable, je veux dire qu’on l’entendra toujours, quelque part, n’importe quand, aux hasard des statistiques. Mais surtout, surtout, évitons de l’utiliser nous même et condamnons la. Car ses effets pervers apparaîssent dans les lieux les plus improbables, entre les gamins des banlieux, les bans de l’école et les hommes politiques.

Ailleurs

La réthoriquitue et qui écrase est aussi bien utile pour bien nier. Pensons à Carole Barjon, capable d’écrire un livre sur François Chérèque, de le titrer Si on me cherche et de parler d’un homme courageux qui a été hué puis de dire de son livre qu’elle voulait recentrer le débat sur des questions fondamentales, comme la vie sociale. Ne voit-elle pas la contradiction ? Ne voit-elle pas la peopolisation qui la choque tant ?

Ailleurs, c’est aussi le sourire charmeur de Palin, la façon qu’elle a d’évacuer les questions (3) d’un petit sourire qui donne envie de devenir machiste. Machiste ? Mais justement, la réthoriquitue a un alter-ego, que Palin connaît bien : celui de la femme mignonne qui évite les questions en parlant de sa franchise, de son non-conformisme… Non-conformisme ? Celui qui se décrit ainsi, le répétant sans cesse comme un mantra, est bien souvent le plus conformiste qui soit. Et puis… demande-t-on au chercheur ou à l’étudiant d’utiliser des techniques originales ou bien demande-t-on qu’il trouve le résultat ?

Mais oui, j’oubliais, on s’en fout car la forme est plus importante que le fond. Voilà bien une vérité qui transcende les frontières.

(1) La violence est le dernier refuge de l’incompétence. Isaac Asimov, Fondation

(2) il existe aussi une forme « molle » qui consiste à dire que tout est affaire d’opinion et donc que tout est vrai.

(3) Je ne veux pas savoir si l’homme est la cause ou pas du réchauffement climatique, Sarah Palin lors du débat avec Biden

octobre 7, 2008 Posted by | philosophie, Politique, science | , | 3 commentaires

La France et ses minorités : leçons canadiennes

Les accommodements raisonnables

Sous ce nom se cache un principe simple du droit canadien dont le but est d’atténuer la « dictature de la majorité » en instituant des recours contre les discriminations indirectes (comme le fait que la plupart des jours feriés soient des jours de fête chrétienne).

Suite à l’hystérie collective qui a suivit les attentats de 2001, le modèle d’intégration canadien a parfois paru être en crise. Les Québécois se sont sentis menacés par l’arrivé d’immigrants (forcément?) toujours plus nombreux. En réponse à ces questionnements, le 8 février 2007, le premier ministre du Québec Jean Charest a créé une commission de consultation sur les accommodements raisonnables . Ses conclusions (1) ont été publiées en juin 2008 et je viens tout juste d’en achever la lecture (oui, je sais, je ne suis pas rapide).

Si ce rapport est extrèmement éclairant sur la situation du Québec, mon but est surtout de le comparer à la politique que mène la France vis-à-vis de sa propre immigration et de ses minorités.

Qu’est-ce que c’est ?

Nous sommes tous prêts à faire quelques arrangements pour nos proches ou nos collègues. Il vous est sans doute arrivé de préparer un repas végétarien pour un ami qui ne mangeait pas de viande, que ses raisons soient personnelles, religieuses ou politiques. Par contre, nous n’accepterions pas le sexisme — en caricaturant, par exemple si on nous demandait que notre femme soit mise à l’écart. Nous vivons au jour le jour quelque chose qui s’apparente à un accommodement raisonnable : certains principes nous semblent inaliénables tandis que des règles et des désirs peuvent évidemment être assouplis.

Au Québec, l’accommodement raisonnable est un principe juridique qui permet d’assouplir une règle tant que cela ne va pas à l’encontre de certains principes inaliénables, ou tant que cela n’apporte pas de contrainte excessive (pécuniaire, ou quand les demandes sont trop nombreuses et diverses, etc). Bien évidemment, tout ceci doit être « raisonnable » et le législateur s’attend à ce que les différentes parties en présence arrivent à un compromis sans qu’il soit nécessaire d’entamer une procédure juridique. Ce genre d’accord entre personnes censées existe bien sûr aussi en France (service végétarien ou halal à la cantine, etc). La différence majeure est qu’en France, si un procès a lieu, la loi prédomine, tandis qu’au Québec, le juge tente de trouver un « juste milieu » (2).

Au cours des années 2006-2007, ce modèle a soudain paru être en crise, comme si les minorités s’étaient mises tout à coup à demander trop et à profiter de ce principe pour remettre en question certains droits comme l’égalité homme-femme, la laïcité, etc.

Perception et réalités

Très justement, la commission s’est d’abord attachée à comprendre d’où venait cette « crise » des accomodements raisonnables et s’est aperçue que si le nombre de litiges n’avait pas augmenté significativement. Par contre, une augmentation exponentielle des cas portés à l’attention des médias a été décelé dans les deux années qui ont précédé la création de la commission. De plus, pour 15 des 21 cas les plus médiatisés, la commission a prouvé l’existence d’une distortion manifeste entre les faits reconstitués et les perceptions générales de la population à leurs égards. Bien évidemment, ce point particulièrement important n’a pas été mis en exergue par des médias habiles à cacher leurs erreurs. Je me souviens au contraire des cris de vierge effrayés qu’ont poussé les médias car chacun sait qu’une majorité ne peut jamais se tromper. En bref, le comportement populiste de leur part comme de la part des hommes politiques a été largement occulté.

Rappelons pour comparaison que les dénonciations des médias qui avaient suivi l’apparition de Le Pen au second tour des présidentielles de 2002 avaient été traitées avec mépris. L’autocritique des médias français sur quelle question que ce soit n’est pas pour demain et n’aura sans doute jamais lieu.

Pour conclure sur ce point, je ne peux m’empêcher de citer la commission : nous nous contenterons de signaler qu’en exprimant son mécontentement sur les accommodements, le public s’est souvent trompé de cible. En effet, les immigrants et les membres des minorités ethniques n’ont rien eu à voir dans plusieurs affaires et ils ont été injustement blâmés dans plusieurs autres. Bien sûr, ce sont des erreurs typiquement québecoises que nous Français ne feront jamais jamais jamais.

Les raisons d’être des accommodements raisonnables

Je continue à citer les travaux de la commission. Dans toute société où se côtoient deux ou plusieurs cultures surgit inévitablement la question de la gestion de la diversité. (…) Jusqu’à récemment , elle était généralement résolue de façon autoritaire : une culture, plus puissante, tentait soit de dominer les autres en les marginalisant , soit de les supprimer en les assimilant. (…) Peu à peu, le droit a été amené à reconnaitre que la rêgle de l’égalité commande parfois des traitements différenciés. Car la rigueur absolue dans l’application des lois et des règlements n’est pas toujours synonyme d’équité. Les accommodements raisonnables permettent d’éviter la marginalisation et favorisent la discussion et les solutions de compromis qui respectent les valeurs fondamentales.

Qu’est-ce qui est fondamental ? Qu’une jeune fille aille à l’école ou qu’elle ne porte pas le voile ? Dans cette affaire sur le voile à l’école, personne n’a demandé l’avis des élèves. Se sentaient-ils menacés par les adolescente voilées ? J’en doute. Faisaient-elles du prosélytisme ? Non. N’oublions pas que parmi les religions du livre, la religion chrétienne est celle dont le prosélytisme est le plus actif, et à ce propos, les algériens se sont récemment inquiétés des conversions au protestantisme qui ont lieu dans leur pays (mais on retrouve les mêmes problème en Thaïlande, aux Philippines, etc).

La laïcité

Les auteurs comparent le modèle français et le modèle québecois et concluent que le type de laïcité à la française n’est pas le meilleur. C’est là une litote qui nous permet d’admirer leur sens de la diplomatie !

Je laisse encore une fois la parole à la commission.

Pour certains républicains français, l’école laïque doit avoir pour mission d’émanciper les élèves de la religion. Pour d’autres, les identités culturelles et religieuses ne font que nuire à l’intégration sociale, laquelle doit être fondée sur une citoyenneté excluant tout particularisme. Pour leur part, les auteurs du rapport pensent que l’assignation à l’école d’une mission émancipatrice dirigée contre la religion n’est pas compatible avec le principe de neutralité de l’état entre religion et non-religion et que le processus d’intégration d’une société diversifié s’effectue à la faveur d’échanges entre les citoyens, qui apprennent ainsi à se connaître, et non par la mise en veilleuse des identités.

A notre décharge, on doit expliquer (3) plus précisement la situation française. La loi 1905 qui sépare l’église de l’état fut le théatre d’intenses débats. L’inventaire des biens écclésiastiques qui suivit le vote de la loi provoqua des manifestations violentes dans de nombreuses régions de France au point que certains ont cru que le pays s’acheminait vers une nouvelle guerre civile. Le Vatican rompit ses relations diplomatiques avec la France pour ne les reprendre qu’en 1920 à l’occasion de la béatification de Jeanne d’Arc. Finalement, en 1924, une encyclique du pape Pie XI sonna la paix des braves qui s’était petit à petit établie entre l’état français et l’église catholique. Cependant, le débat ne s’était pas tout à fait appaisé et ainsi, Guy mollet envisagea à nouveau un concordat en 1958 (sans compter les nombreuses manifestations entre partisans de l’enseignement libre et public qui se sont produite jusqu’à récemment). On comprend mieux l’état de siège que pensent vivre certains athés.

On s’aperçoit que c’est justement l’existence d’une religion ultra-majoritaire en France qui a posé problème. Sûr de sa puissance, l’église catholique a toujours espéré gagner la bataille politique. Au contraire, au Canada, les protestants et les catholiques étaient de force égales et ont favorisé l’émergence d’une culture du compromis.

En France, on s’inquiète surtout de la montée de l’immigration musulmane. Mais elle ne sera jamais une force politique comme le fut l’église catholique. Il faudrait avoir plusieurs centaines de milliers voir un million d’immigrants musulmans intégristes par an pour qu’il y ait un réel danger ! Or l’immigration musulmane est forte mais minoritaire.

En France, certains musulmans préfèrent que leurs enfants aillent dans une école juive ou catholique qui serait plus accommodante. Certains agnostiques paranoïaques décelent ici une sorte d’alliance religieuse (4).

Les athés et les croyants non pratiquant pensent parfois que les dévotions, les interdits alimentaires et autres règles de ce genre sont accessoires. Cet argument découle d’une conception purifiée ou réductrice du christianisme selon laquelle l’essentiel réside dans la croyance et les dispositions intérieurs, aux dépens de la pratique extérieure. Or pour le judaïsme, par exemple, la croyance est moins importante que le respect de la Loi. Sur ce point, j’ai effectivement rencontré des juifs, non croyants, mais qui suivaient certains préceptes de la Loi par tradition. Je ne crois pas qu’ils constituaient une menace. Et leurs enfants seront sans doute encore moins menaçants attachés à leurs coutumes.

En réalité, le passage d’une observance stricte des règles religieuses à une foi intérieur peut prendre plusieurs générations. Il faut donc se garder de juger les autres d’après notre situation présente. Si les agnostiques pensent que la religion est amené à disparaître, ils auraient tout intéret à respecter les autres cultures et à prévoir un appaisement sur le long terme.

Conclusions

Le résumé du rapport de la commission fait plus de 100 pages et est extrèmement touffu, je ne peux qu’en conseiller la lecture. Je désire cependant donner mes propres conclusions et quelques unes des leurs :

  • Sur l’immigration et les minorités, au Québec comme en France, il y a un manque évident d’information.
  • Les francophones sont minoritaires au Canada. Ils ont un sentiment d’insécurité, hier du fait de la majorité anglophone, aujourd’hui du fait de l’immigration. La mondialisation et l’Europe jouent-elles le même rôle en France ? Devons-nous apprendre à n’être qu’un pays parmi d’autres en Europe ?
  • L’identité nationale n’est pas quelque chose d’inamovible qui aurait sa place dans un concert abstrait des identités nationales. On ne peut espérer qu’elles demeurent telles qu’elles sont ad vitam eternam. Les pays d’amérique du nord comme du sud et qui se sont fondés via l’immigration en sont bien conscient. L’Europe doit l’accepter tout en posant des balises claires.
  • Il ne faut pas idéaliser le Québec : il existe là-bas une véritable discrimination. Les immigrants, même européens, peuvent en être victime (sous-emploi, chomage, etc). Cependant, les enfants des immigrants subissent rarement le racisme qui existe en Europe. En général, l’assimiliation nécessite une génération, mais pas plus. Et il n’y a pas de parti d’extrème droite.
  • Une mise à l’écart de certaines minorités en raison de leurs traditions est contreproductif. Tout comme le serait le fait de les laisser se ghettoïser sans chercher à les assimiler. Il faut que ne nous soyons capables de faire la différence entre ce qui est important et ce qui l’est moins et ne pas penser que la foi intérieure doit être le seul espace de liberté concédé aux croyants (5).

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(1) voir sur internet. Les citations du rapport sont en italique.

(2) je ne suis pas un juriste, je suis pas sûr de bien comprendre tout ça.

(3) quand je dis « expliquer » je ne dis pas « justifier ». On confond souvent les deux verbes. Le premier est plutôt de l’ordre de la description, le second évoque un jugement morale. Je suis contre ce qui se fait en France, mais je comprend les mécanismes historiques qui nous ont amené à cette situation.

(4) les persécutions des chrétiens en Irak et des musulmans en Israël montre combien une telle alliance est solide et réelle !

(5) ou aux athés. La polémique sur le voile est suspecte quand on sait combien l’habit fait le moine en France. Nous sommes beaucoup plus strictes et conformistes sur notre façon de nous habiller que bien des pays occidentaux. Les raisons sont peut-être différentes (religion ou traditions sociales), mais le résultat est identique. Alors voile ou costume trois pièces ?

août 26, 2008 Posted by | actualités, Politique | , , | 4 commentaires

Bouillon de mentalités, de cultures et de politiques

Depuis quelques temps, je suis fasciné par l’entrelacement de la politique et de la psychologie. Nous avons tous une éducation qui nous est propre, mais certains de ses traits sont largement partagés dans notre pays d’origine, la France en ce qui me concerne. Notre éducation a contribué à l’émergence de nos idées, qui là encore nous sont propres ou largement partagées. Mais pas seulement. Notre éducation a aussi fait notre caractère. Et notre caractère fait nos idées. Et nos idées font notre caractère.

J’ai déjà parlé du cynisme français. Je pourrais parler de la naïveté québecoise. Parfois, la frontière entre les idées et le caractère devient flou. Ainsi, à quel moment l’universalisme devient-il de la prétention ?

Nous avons aussi la conviction, en France, qu’il existe une réalité, une vérité, au point de parler de vrais (sic) débats, de vraies idées, etc. Mais il y a autre chose : les français — dont je fais parti, et ces remarques sont aussi une autocritique — acceptent difficilement de reconnaitre leurs torts. Les deux choses sont-elles liées ? Si, je caricature, en amérique du nord tout est affaire d’opinion, même les notes des examens d’université, en France, tout est vrai, ou faux. Pire, si c’est faux, alors c’est méprisable et sujet à la moquerie. Alors que si c’est affaire d’opinion, on peut changer d’avis en ayant l’intime conviction de en pas avoir eu tout à fait tort.

Il y a donc un mélange des genres, entre mentalités et idées, qui fausse la réflexion et qu’il est difficile de démeler.

Il m’arrive souvent de critiquer notre mentalité, mais en même temps, je ne suis pas certain de le faire à juste titre. En réalité, le seul argument qui m’amènerait à préférer la mentalité québecoise à la mentalité française concerne tout autre chose que la politique et est mieux illustré par une petite anecdote.

Voila quelque années, j’ai rencontré un libanais qui avait commencé ses études dans des établissements français du Liban et dont les parents avaient fui la guerre civile pour aller en Arabie Saoudite. Là-bas, il avait eu le choix de continuer ses études dans un lycée français ou un lycée américain, et avait choisi ce dernier , non pas parce qu’il pensait que la formation était meilleur, au contraire peut-être, ni parce que l’anglais lui semblait plus important que le français, mais tout simplement parce qu’il pensait que le lycée américain favoriserait son épanouissement personnel, et que bon ou mauvais, il allait s’y sentir mieux.

L’ élite française qui sort bien souvent des classes prépas a la facheuse tendance de mépriser les autres formations, souvent par ignorance, mais admettons même qu’il y ait une part de vérité. Est-ce que nos capacités intellectuelles sont plus importantes que notre bonheur ? En ces jours de JO, nous critiquons la formation des athlètes chinois, leur mise à l’écart, leur travail acharné qui détruit parfois leur corps, mais sachons le, sur bien des points, la France est à mi-chemin entre l’individualisme anglo-saxon et le sentiment asiatique de responsabilité vis-à-vis du corps social — qui, en contrepartie, renvoie à l’état sa propre responsabilité de redistribuer les richesses et de prévenir les mécontentements.

Libéralisme, socialisme et vache-à-lisme

Quand nous parlons de politique, nous imaginons que la lutte entre le libéralisme et le socialisme est lutte d’idée, une lutte du petit au fort. Et pourtant, c’est aussi une lutte de caractère.

Prenons le cas de la recherche. Principalement publique en France, faible malgré les promesses sans cesse renouvellées, tous les partis politiques, y compris socialistes depuis Jospin, voudraient la relancer par le privé. C’est beau. Mais qu’espère-t-on ?

On critique les chomeurs, profs et tous ceux dont on croit qu’ils sont favorisés ou chouchoutés à tort. Mais cette soit-disant mentalité d’assistanat, dont je veux bien accuser certains (1), n’est pas réduite à ceux qui sont dans le besoin. Les plus grosses entreprises françaises tètent les vaches-à-lait universitaires. Certaines ont pris l’habitude de profiter de la recherche publique contre des clopinettes. Pourquoi s’embêteraient-elles à financer chèrement leurs propre centres de recherche (même avec des baisses d’impots) quand elle ont tout pour rien, ou si peu.

Aussi, quand un patron d’une grande boîte française ou un homme politique de droite critique les faiblesses de certains, on ne peut que sourire et s’interroger : n’attend-il pas lui-même l’aide de l’état lors de ses négociations pour de gros contrats en Afrique ou en Chine ?

L’incompréhension culturelle

Parfois, certains traits culturels confinent à l’absurde. Le copinage et les réseaux des grandes écoles sont particulièrement développés en France. L’école devient comme un élément de notre personnalité, quelque chose qui nous caractérise et dont on ne peut se défaire.

Certains directeurs de grandes écoles se sont donc imaginés qu’en ouvrant leur concours aux étrangers, les étudiants seraient reconnaissant et formerait un réseau mondiale facilitant l’embauche, les contacts et la signature des contrats entre PDG issus du même moule. Quelle naïveté ! Comme si les Chinois et les Brésiliens avaient les mêmes intérêts que les Français.

Et surtout, quelle prétention…

Parenthèse : relativisme et toute

Attention ! Ce n’est pas parce que je dis que nos mentalités nous influencent que je crois que tout ce vaut. Comme Fukuyama, je pense que le relativisme est une posture. Il existe quelque part des valeurs et des barrières qui donnent une direction à suivre. Ensuite, à l’intérieur de celles-ci, peut-être qu’il existe différentes possibilités, ou que nous ne savons pas encore où se trouvent les optimums et les meilleurs solutions qui permettent de créer une société heureuse (2).
(1) Ce qui ne veut pas dire que je critique l’assistance chomage. Il y a en qui en profite, mais ce n’est pas une raison pour penaliser les innocents.

(2) Là où nous parlons en terme « objectifs » de liberté et d’égalité, les américains parlent de bonheur. En parlant de société heureuse, je me place définitivement du côté de ceux qui pensent que de nombreux choix de société sont affaire d’opinion.

Notes

Suite au commentaire de JP, je rappelle ces deux textes de mon blog sur la notion de vérité :

Le conte

La vérité en science

août 22, 2008 Posted by | philosophie, Politique | , , | 3 commentaires

un p’tit texte

Voila un petit truc que j’avais ecrit en forme de brouillon et de reflexion.

anticapitalisme

août 12, 2008 Posted by | Politique | , , , | Laisser un commentaire

Mentalités

Les deux mois d’été s’annoncent peu fournis en articles. C’est sans doute le soleil qui me met d’autres choses en tête…

Néanmoins, voila un post en forme de petite réflexion brouillonne.

Je regardais les auditions des représentants américains qui désiraient lancer une procedure d’impeachment contre Bush. Il y a dans la démocratie américaine une fraîcheur et une naiveté bienvenue.

On peut douter de leur sincérité… mais je crois que ce genre de doute est mauvais pour la démocratie. Ou plutôt : le doute perpétuel et le cynisme ad nauseum pour toute réflexion ne mènent à rien.

En France, le cynisme est une posture intellectuelle particulièrement répandue, dans tous les domaines. Personne ne fait confiance aux hommes politiques, et il n’y a qu’un pas vers le refus de toute implication — je veux de dire de toute réflexion — en politique.

Ce qui est vrai de nous l’est aussi de nos représentants. Un élu cynique ne pensera qu’à son siège et à suivre la ligne du parti qui l’intronise. Le cynisme favorise les comportements moutonniers, les « si c’est pas moi, ce sera un autre », de notre part comme de la part des hommes de pouvoir.

C’est à se demander si le cynisme ne nous a pas été inculqué pour nous éloigner du débat politique.

juillet 28, 2008 Posted by | Politique | Laisser un commentaire

Les vacances sans politique

Les vacances ! J’en suis revenu me disant que finalement la politique n’était pas si passionnante et que j’étais trop critique : la France est belle, les gens sont sympas et tous ces vacanciers sont heureux et… plutôt riches n’est-ce pas ? Les oiseaux reviennent dans les montagnes, les rapaces sifflent autour des oreilles des grimpeurs et s’amusent à leur faire peur, les paysans semblent s’épanouir avec la remontée des prix de la nourriture et partout les gens rient des grosses voitures

Ouaih. Ben il suffit de rentrer, d’allumer la télé ou de lire Le Monde pour retrouver le sens des réalités. Car entre la droite qui affirme qu’elle a gagnée la bataille idéologique (en accord avec Jack Lang, semble-t-il) et les bleus qui rejouent la finale de 1998, notre futur semble verrouillé par notre passé. Les ch’tis en avant post l’avaient d’ailleurs déjà prouvé. Malheureusement.

La nostalgie a toujours favorisée la réaction, nous avons eu un Napoléon III qui se réclamait de Napoléon et nous avons un Sarko qui se réclame d’un foutu fatra du passé bien mélangé pour plus plaire et plus perdre tout le monde. C’est pas gagné.

juillet 15, 2008 Posted by | Politique | 2 commentaires

La belle morale, prise 2.

Les américains qui conduisent des Hummer se font insulter. Il est vrai qu’ils polluent. Le Hummer H2 produit 432g de CO2 par kilomètre. La voiture de Renault « la moins polluante »(1) produit 117g de CO2 par kilomètre. Pratiquement quatre fois moins !

Malheureusement, si tout le monde avait la voiture la moins polluante de la planète, ce serait encore trop. Si nous insultons les conducteurs de Hummer, accepterons-nous de nous faire insulter par les 3/4 de la population mondiale ?

Le réchauffement climatique pose un problème morale relatif.

Evidemment, tous les problèmes moraux sont relatifs. Mais celui-ci peut être chiffré.

Le but est de produire peu de CO2. Il existe deux moyens : que les personnes qui produisent beaucoup de CO2 soient rares et que les autres en produisent très peu, ou que chacun produise du CO2 dans des proportions raisonnables.

Devons-nous demander à chacun d’émettre moins qu’une certaine quantité de CO2 ou bien devons nous nous contenter d’une moyenne ?

Comparons avec les richesses. Pourquoi supportons nous les inégalités ? La réponse est simple. Parce que nous pensons que demain peut être différent, que la richesse du monde est extensible à l’infini et que, un autre jour, tout le monde pourra obtenir ce que j’ai déjà aujourd’hui. Nous pensons aussi que ce que nous avons n’empêche pas les autres de s’enrichir, que nous ne volons pas le pain de la bouche du voisin pour nous nourrir. Est-ce vrai ?

La quantité de richesses que peut produire la planète est finie. Un jour, tous le sauront. Certains ne pourront pas s’empêcher de comparer ce qu’ils ont et ce que nous avons et penser qu’une partie devrait leur revenir.

Nous ne pouvons pas faire de la baisse de la polution un devoir  moral si nous n’en comprenons pas les limites (et les nécessités). Sinon, ce ne sera qu’un dogme dangereux de plus.

(1) en terme de CO2 émit par kilomètre. Mais on peut imaginer que cela nécessite beaucoup d’électronique embarquée, et donc rejette énormément de métaux très polluants.

juin 13, 2008 Posted by | philosophie, Politique | 2 commentaires