Castor politique

Des fables et de la politique

La réthoriquitue

Ne jamais écrire le mot « évident » dans un article scientifique. Quel thésard peut prétendre ne jamais avoir entendu cette phrase ? Par prudence vis-à-vis des futur découvertes, ou bien tout simplement pour éviter le ridicule en cas d’erreur, l »évidence » est bannie des sciences. Ce n’est pas le cas en politique puisque les faits y sont toujours « évidents », les preuves nécéssairement « accablantes » et les rumeurs « bien connues ».

Cette réthorique qu’il m’arrive d’utiliser par énervement ou par fatigue, et je m’en veux alors profondément, est le dernier refuge de l’incompétence (1), la marque de l’ignorance, une tentative d’utiliser le mépris à la place de l’argumentation. Ainsi, un tel dira tu ne peux pas croire que … comme si le fait de penser que … était la preuve d’un handicap mental, d’un retard honteux. Il ajoutera, si vous vous obstinez, que tous les scientifiques savent que … , insinuant que vous avez la prétention d’en savoir plus que tous les scientifiques de la planète.

Cette forme « agressive » de la réthorique (2) est sans doute inévitable.

Quand je dis qu’elle est inévitable, je veux dire qu’on l’entendra toujours, quelque part, n’importe quand, aux hasard des statistiques. Mais surtout, surtout, évitons de l’utiliser nous même et condamnons la. Car ses effets pervers apparaîssent dans les lieux les plus improbables, entre les gamins des banlieux, les bans de l’école et les hommes politiques.

Ailleurs

La réthoriquitue et qui écrase est aussi bien utile pour bien nier. Pensons à Carole Barjon, capable d’écrire un livre sur François Chérèque, de le titrer Si on me cherche et de parler d’un homme courageux qui a été hué puis de dire de son livre qu’elle voulait recentrer le débat sur des questions fondamentales, comme la vie sociale. Ne voit-elle pas la contradiction ? Ne voit-elle pas la peopolisation qui la choque tant ?

Ailleurs, c’est aussi le sourire charmeur de Palin, la façon qu’elle a d’évacuer les questions (3) d’un petit sourire qui donne envie de devenir machiste. Machiste ? Mais justement, la réthoriquitue a un alter-ego, que Palin connaît bien : celui de la femme mignonne qui évite les questions en parlant de sa franchise, de son non-conformisme… Non-conformisme ? Celui qui se décrit ainsi, le répétant sans cesse comme un mantra, est bien souvent le plus conformiste qui soit. Et puis… demande-t-on au chercheur ou à l’étudiant d’utiliser des techniques originales ou bien demande-t-on qu’il trouve le résultat ?

Mais oui, j’oubliais, on s’en fout car la forme est plus importante que le fond. Voilà bien une vérité qui transcende les frontières.

(1) La violence est le dernier refuge de l’incompétence. Isaac Asimov, Fondation

(2) il existe aussi une forme « molle » qui consiste à dire que tout est affaire d’opinion et donc que tout est vrai.

(3) Je ne veux pas savoir si l’homme est la cause ou pas du réchauffement climatique, Sarah Palin lors du débat avec Biden

octobre 7, 2008 Posted by | philosophie, Politique, science | , | 3 commentaires

Bouillon de mentalités, de cultures et de politiques

Depuis quelques temps, je suis fasciné par l’entrelacement de la politique et de la psychologie. Nous avons tous une éducation qui nous est propre, mais certains de ses traits sont largement partagés dans notre pays d’origine, la France en ce qui me concerne. Notre éducation a contribué à l’émergence de nos idées, qui là encore nous sont propres ou largement partagées. Mais pas seulement. Notre éducation a aussi fait notre caractère. Et notre caractère fait nos idées. Et nos idées font notre caractère.

J’ai déjà parlé du cynisme français. Je pourrais parler de la naïveté québecoise. Parfois, la frontière entre les idées et le caractère devient flou. Ainsi, à quel moment l’universalisme devient-il de la prétention ?

Nous avons aussi la conviction, en France, qu’il existe une réalité, une vérité, au point de parler de vrais (sic) débats, de vraies idées, etc. Mais il y a autre chose : les français — dont je fais parti, et ces remarques sont aussi une autocritique — acceptent difficilement de reconnaitre leurs torts. Les deux choses sont-elles liées ? Si, je caricature, en amérique du nord tout est affaire d’opinion, même les notes des examens d’université, en France, tout est vrai, ou faux. Pire, si c’est faux, alors c’est méprisable et sujet à la moquerie. Alors que si c’est affaire d’opinion, on peut changer d’avis en ayant l’intime conviction de en pas avoir eu tout à fait tort.

Il y a donc un mélange des genres, entre mentalités et idées, qui fausse la réflexion et qu’il est difficile de démeler.

Il m’arrive souvent de critiquer notre mentalité, mais en même temps, je ne suis pas certain de le faire à juste titre. En réalité, le seul argument qui m’amènerait à préférer la mentalité québecoise à la mentalité française concerne tout autre chose que la politique et est mieux illustré par une petite anecdote.

Voila quelque années, j’ai rencontré un libanais qui avait commencé ses études dans des établissements français du Liban et dont les parents avaient fui la guerre civile pour aller en Arabie Saoudite. Là-bas, il avait eu le choix de continuer ses études dans un lycée français ou un lycée américain, et avait choisi ce dernier , non pas parce qu’il pensait que la formation était meilleur, au contraire peut-être, ni parce que l’anglais lui semblait plus important que le français, mais tout simplement parce qu’il pensait que le lycée américain favoriserait son épanouissement personnel, et que bon ou mauvais, il allait s’y sentir mieux.

L’ élite française qui sort bien souvent des classes prépas a la facheuse tendance de mépriser les autres formations, souvent par ignorance, mais admettons même qu’il y ait une part de vérité. Est-ce que nos capacités intellectuelles sont plus importantes que notre bonheur ? En ces jours de JO, nous critiquons la formation des athlètes chinois, leur mise à l’écart, leur travail acharné qui détruit parfois leur corps, mais sachons le, sur bien des points, la France est à mi-chemin entre l’individualisme anglo-saxon et le sentiment asiatique de responsabilité vis-à-vis du corps social — qui, en contrepartie, renvoie à l’état sa propre responsabilité de redistribuer les richesses et de prévenir les mécontentements.

Libéralisme, socialisme et vache-à-lisme

Quand nous parlons de politique, nous imaginons que la lutte entre le libéralisme et le socialisme est lutte d’idée, une lutte du petit au fort. Et pourtant, c’est aussi une lutte de caractère.

Prenons le cas de la recherche. Principalement publique en France, faible malgré les promesses sans cesse renouvellées, tous les partis politiques, y compris socialistes depuis Jospin, voudraient la relancer par le privé. C’est beau. Mais qu’espère-t-on ?

On critique les chomeurs, profs et tous ceux dont on croit qu’ils sont favorisés ou chouchoutés à tort. Mais cette soit-disant mentalité d’assistanat, dont je veux bien accuser certains (1), n’est pas réduite à ceux qui sont dans le besoin. Les plus grosses entreprises françaises tètent les vaches-à-lait universitaires. Certaines ont pris l’habitude de profiter de la recherche publique contre des clopinettes. Pourquoi s’embêteraient-elles à financer chèrement leurs propre centres de recherche (même avec des baisses d’impots) quand elle ont tout pour rien, ou si peu.

Aussi, quand un patron d’une grande boîte française ou un homme politique de droite critique les faiblesses de certains, on ne peut que sourire et s’interroger : n’attend-il pas lui-même l’aide de l’état lors de ses négociations pour de gros contrats en Afrique ou en Chine ?

L’incompréhension culturelle

Parfois, certains traits culturels confinent à l’absurde. Le copinage et les réseaux des grandes écoles sont particulièrement développés en France. L’école devient comme un élément de notre personnalité, quelque chose qui nous caractérise et dont on ne peut se défaire.

Certains directeurs de grandes écoles se sont donc imaginés qu’en ouvrant leur concours aux étrangers, les étudiants seraient reconnaissant et formerait un réseau mondiale facilitant l’embauche, les contacts et la signature des contrats entre PDG issus du même moule. Quelle naïveté ! Comme si les Chinois et les Brésiliens avaient les mêmes intérêts que les Français.

Et surtout, quelle prétention…

Parenthèse : relativisme et toute

Attention ! Ce n’est pas parce que je dis que nos mentalités nous influencent que je crois que tout ce vaut. Comme Fukuyama, je pense que le relativisme est une posture. Il existe quelque part des valeurs et des barrières qui donnent une direction à suivre. Ensuite, à l’intérieur de celles-ci, peut-être qu’il existe différentes possibilités, ou que nous ne savons pas encore où se trouvent les optimums et les meilleurs solutions qui permettent de créer une société heureuse (2).
(1) Ce qui ne veut pas dire que je critique l’assistance chomage. Il y a en qui en profite, mais ce n’est pas une raison pour penaliser les innocents.

(2) Là où nous parlons en terme « objectifs » de liberté et d’égalité, les américains parlent de bonheur. En parlant de société heureuse, je me place définitivement du côté de ceux qui pensent que de nombreux choix de société sont affaire d’opinion.

Notes

Suite au commentaire de JP, je rappelle ces deux textes de mon blog sur la notion de vérité :

Le conte

La vérité en science

août 22, 2008 Posted by | philosophie, Politique | , , | 3 commentaires

La belle morale, prise 2.

Les américains qui conduisent des Hummer se font insulter. Il est vrai qu’ils polluent. Le Hummer H2 produit 432g de CO2 par kilomètre. La voiture de Renault « la moins polluante »(1) produit 117g de CO2 par kilomètre. Pratiquement quatre fois moins !

Malheureusement, si tout le monde avait la voiture la moins polluante de la planète, ce serait encore trop. Si nous insultons les conducteurs de Hummer, accepterons-nous de nous faire insulter par les 3/4 de la population mondiale ?

Le réchauffement climatique pose un problème morale relatif.

Evidemment, tous les problèmes moraux sont relatifs. Mais celui-ci peut être chiffré.

Le but est de produire peu de CO2. Il existe deux moyens : que les personnes qui produisent beaucoup de CO2 soient rares et que les autres en produisent très peu, ou que chacun produise du CO2 dans des proportions raisonnables.

Devons-nous demander à chacun d’émettre moins qu’une certaine quantité de CO2 ou bien devons nous nous contenter d’une moyenne ?

Comparons avec les richesses. Pourquoi supportons nous les inégalités ? La réponse est simple. Parce que nous pensons que demain peut être différent, que la richesse du monde est extensible à l’infini et que, un autre jour, tout le monde pourra obtenir ce que j’ai déjà aujourd’hui. Nous pensons aussi que ce que nous avons n’empêche pas les autres de s’enrichir, que nous ne volons pas le pain de la bouche du voisin pour nous nourrir. Est-ce vrai ?

La quantité de richesses que peut produire la planète est finie. Un jour, tous le sauront. Certains ne pourront pas s’empêcher de comparer ce qu’ils ont et ce que nous avons et penser qu’une partie devrait leur revenir.

Nous ne pouvons pas faire de la baisse de la polution un devoir  moral si nous n’en comprenons pas les limites (et les nécessités). Sinon, ce ne sera qu’un dogme dangereux de plus.

(1) en terme de CO2 émit par kilomètre. Mais on peut imaginer que cela nécessite beaucoup d’électronique embarquée, et donc rejette énormément de métaux très polluants.

juin 13, 2008 Posted by | philosophie, Politique | 2 commentaires

La liberté d’opinion à l’épreuve de la démocratie moderne

1992, Fukuyama publie La fin de l’histoire et prétend que la démocratie libérale est le plus rationnel des régimes politiques et économiques. Avril 2008, les socialistes français abandonnent le socialisme et se déclarent partisans d’un capitalisme qu’ils décrivent eux-même comme un système créateur d’inégalités, porteur d’irrationnalité, facteur de crises. Ailleurs, des icônes contestataires font de l’anticapitalisme un extrémisme. Les différences politiques se réduisent à des  » plus ou moins  » : plus ou moins de privatisations, de capitalisme, de transparence, de sécurité, de sociale… Seule, la prétention des porte-parole du consensus donne encore la fausse impression d’assister à des débats et à des prises de positions contradictoires.

La société moderne détruit petit à petit la diversité des opinions, un ultra-relativisme narquois s’installe, condescendant à l’égard de toutes les idées trop éloignées du consensus ambiant.
Trois mécanismes sont à l’oeuvre qui font du centre un trou noir parasite.

La vitesse au service de l’uniformisation
L’accélération de la diffusion des informations donne un avantage décisif aux prises positions qui ont à leur service des caisses de résonnance efficaces. Sur ce point, je pense que la vitesse de propagation des idées a plus d’impact que la puissance médiatique, et donc financière, des acteurs.
Dans un environnement où les opinions diffusent lentement, la diversité est assurée. Les idées moins répandues sont discutées dans les populations qui n’ont pas encore subies le lavage de cerveau des idées buldozer.
Au contraire, dans un environnement où les opinions se propagent exponentiellement vite, les plus faibles en terme d’appuis financiers et médiatiques, sont condamnées à la marginalisation. Elles n’ont plus le temps d’être analysées ou discutées. Or si les opinions majoritaires peuvent s’imposer sans véritable réflexion, par suivisme, les changements de paradigme et les idées alternatives ont besoin de temps pour espérer l’emporter.
Contrairement à ce que l’on croit trop souvent, Internet amplifie ce phénomène. Certes, toutes les opinions sont représentées, mais on ne les trouve qu’à condition de les chercher et de connaître leur existence. Quand une idée différente apparaît, même relayée, elle peut tout suite être remise en cause et balayée par les médias institutionnels.
Dans le monde industriel, il est vain d’espérer que les opinions aient un comportement différent des biens et des services. L’économie envahie les mécanismes démocratiques et l’alternatif devient un artisanat qui séduit peut-être les bobos mais ne fait plus véritablement parti du panel d’idées proposées aux citoyens.
On peut même imaginer que l’inévitable privatisation des processus démocratiques donnera à la vie publique l’aspect des sondages : une question, des réponses formatées, et la créativité annihilée au nom de la productivité.

Les activistes vivent en autarcie et n’ont pas d’autre impact sur la vie publique que les séquences émotion du Darfour et du Tibet. Il ne faut pas se contenter de créer des espaces pour une pensée insoumise (1) mais construire un environnement qui donne à chacun la possibilité d’avoir un impact réel sur la vie publique.

Le narcissisme orgasmique
La société de consommation favorise le développement du moi économique, de la partie désirante de l’âme (2). L’individu est encouragé à suivre les comportements qui lui apportent jouissance et satisfaction.
Habitué à la flatterie du monde économique, le citoyen préfère avoir raison, c’est-à-dire, au sens démocratique, suivre les opinions majoritaires que lui indiquent les sondages de toute sorte. On ne lui donne plus les moyens de réfléchir par lui-même, alors que penser de manière autonome les grandes questions que pose aujourd’hui le monde, c’est véritablement, de la part des citoyens, redonner vie à la démocratie (3). Il préfère se regarder dans le miroir des millions d’êtres humains qui pensent comme lui, achètent comme lui et vivent comme lui. Il s’y complaît par paresse intellectuelle.
L’opinion par jouissance des esprits faibles déteste l’effort et préfère l’imitation à la réflexion, encouragée dans cette voie par la plupart des médias et des hommes politiques.


Le mirage de l’individualité

Curieusement, l’affirmation de l’individualité vient renforcer le consensus.
Pour certains philosophes, l’idéal démocratique permet la reconnaissance de chacun. Mais cette reconnaissance politique n’est plus nécessaire quand elle abonde dans d’autres domaines.
Le monde actuel encense chacune de nos singularités. L’histoire individuelle, nos goûts et nos couleurs, tout ce qui peut expliquer les origines de nos opinions prend une importance démesurée au détriment de l’opinion elle-même. Le citoyen est floué de sa créativité politique et de sa capacité à raisonner. Sa psychologie, son storytelling suffit. Il se regarde dans le miroir des autres et dans son propre miroir.
Là où le citoyen sentait qu’une explication était nécessaire, il pense maintenant que plus rien ne s’explique, que l’opinion est intrinsèque à notre personnalité.
Les différences entre opinions, morale et faits s’amenuisent jusqu’à disparaître. Aujourd’hui, on peut dire  » je crois au réchauffement climatique « , sans choquer personne, comme si cette question engageait une foi intime.
Tout est affaire de ressenti et de personnalité, au détriment de la mise en perspective sociale et politique. Mais dans ce cas, une minime différence d’opinion devient énorme de toute l’histoire personnelle qu’elle véhicule. Ainsi, on peut être un peu de droite, un peu de gauche, et avoir l’impression que les différences sont extrèmement importantes. Par une effet de balancier, le spectre politique est gommé à ses extrémités.

La fin de l’histoire est un totalitarisme
Si la société moderne est la fin de l’histoire, alors c’est un totalitarisme : les différents courants politiques disparaissent et avec eux tous les engrenages de la société. Il ne reste plus qu’un brouillard sans articulations d’opinions heureuses et béates entourées de minuscules poches rebelles qui n’ont plus de contact avec la population, sauf lors de quelques vagues émotionnelles qui jouent en réalité le rôle de défouloir et de blanchiment de conscience sans participer à aucune dialectique politique.

Perspectives
Mon texte véhicule un sous-entendu, l’affirmation morale que la diversité des opinions est  » bien « . Ce n’est pourtant pas une évidence. Si la démocratie capitaliste était effectivement le meilleur des régimes politico-économiques, alors l’existence d’opinions qui nieraient ce fait ne serait pas nécessaire.
Pour que mon cri ne soit pas inutile et idiot, je dois expliquer quelques points que je développerais dans d’autres articles :
– la démocratie est le régime politique qui tente d’éviter la concentration des pouvoirs. Mais l’uniformisation des opinions telle qu’elle a lieu actuellement est une concentration des pouvoirs. Ce fait à lui seul justifie mon texte.
– Le réchauffement climatique est le troisième danger auquel l’humanité est confronté (après le totalitarisme autodestructeur nazi et la guerre nucléaire). Comme en biologie, la diversité des opinions et des idées est un gage de survie. Plus grande est la palette d’idées disponibles, et plus grande est notre chance de surmonter les risques écologiques. Mais là encore, ce n’est pas tant une question d’existence des opinions qu’une question d’impact : l’idée du réchauffement climatique a mit bien trop longtemps à s’imposer, et les actions ne sont toujours pas engagées. Pourquoi ?
– je ne pense pas qu’il y ait une unique solution concernant le régime politico-économique. Ceci aussi est à prouver. Le communisme ou l’économie participative, existe-t-il réellement d’autres possibilités que la démocratie capitaliste ?

(1) Morgane Lory.

(2) Francis Fukuyama.

(3) Howard Zinn.

avril 28, 2008 Posted by | philosophie, Politique | , , , , | Un commentaire