Castor politique

Des fables et de la politique

L’hypocrazy

Connaissez-vous l’hypocrazy ? Je suis sur que non, que vous la confondez avec l’hypocrisie. Quelle erreur ! Voyez vous même :

Hypocrisie : Caractère d’une personne qui dissimule sa véritable personnalité et affecte, le plus souvent par intérêt, des opinions, des sentiments ou des qualités qu’elle ne possède pas.
Hypocrazy : Caractère d’une personne qui invoque sans les appliquer de grands principes moraux et la profondeur de ses émotions pour justifier sa politique partisane, ses jugements péremptoires et ses immixtions sur tout.

L’hypocrazy fait office d’hypocrisie modernisée. La vieille hyocrisie est née des rigidités des anciennes politesses et devenue inutile voir ringarde dans une société moderne n’ayant soi disant plus de tabou. On peut dire n’importe quoi, pourvu qu’on le dise bien et avec conviction, la larme à l’oeil en cerise sur le discours permettant de tout justifier, tout mélanger, tout dire.

En remettant une décoration au premier ministre québécois Jean Charest, M. Sarkozy a plaidé pour l’unité du Canada et le refus du sectarisme, le refus de la division, le refus de l’enfermement sur soi-même, le refus de définir son identité par opposition féroce à l’autre. D’où, pour Mr Sarkozy, l’intérêt d’un ministère de l’identité nationale qui surveille que nos immigrés laissent bien leur culture à la frontière.

D’après Sarkozy, l’origine de son propre humanisme est à chercher dans l’idée qu’il se fait de la France d’ un pays qui rassemble et non pas qui divise… un pays, par exemple, qui rassemble les immigrés dans des charters et des camps de transit pour que tous les noirs et les autres puissent se retrouver et partager leur bonheur d’être en Europe.

Sarkozy cultive l’hypcrazy, se mêlant, comme l’a fait De Gaulle, de ce qui ne le regarde pas, mais à la manière des méchants d’Alain :

La force des méchants c’est qu’ils se croient bons, et victimes des caprices d’autrui. Aussi parlent-ils toujours de leurs droits, et invoquent-ils perpétuellement la justice; toujours visant le bien à les entendre; toujours pensant aux autres, comme ils disent; toujours étalant leur vertus, toujours faisant la leçon, et de bonne foi.

L’hypocrazy, c’est donc beaucoup de méchanceté, de l’émotion mal placée et un zeste d’hypocrisie.

février 8, 2009 Posted by | actualités | 3 commentaires

le climatologue et le journaliste spécialiste de météo

Cette semaine sur Arte, une émission débattait des changements climatiques. Etaient présents : deux ou trois climatologues et un journaliste-spécialiste-de-la-météo-qui-ne-croit-pas-au-réchauffement, Laurent Cabrol. Il a d’ailleurs écrit un livre sur le sujet, inutile de le lire.

Par contre, ça valait le coup d’écouter ses arguments. Pour l’fun.

Son premier atout était bien simple : trop de monde, trop de scientifiques admettent la réalité du réchauffement climatique. En bon 68ard, ce Laurent ce Cabrol ne pouvait que se rebeller en sachant très bien qu’il trouverait pour le suivre toute une communauté touchée par sa « révolte ». Ah oui, je mets « révolte » entre guillemets car c’est une curieuse révolte que celle qui cherche à ne pas bouger, la révolte de la bernique en quelque sorte.

Son second argument, qu’il énonçait d’une voix grave de vieux sage et dont il abusait  était bien plus évident : on nous demande de modifier notre mode de vie au nom de doutes. Ah, ah ! Le mode de vie, c’est une réalité tangible, celle qui nous permet de partir en vacances aux Antilles et d’y louer un 4*4. Le doute, lui, est intangible, et l’intangible ne fait pas le poids… Bernique ! disait-il, je ne bougerais pas ! Voilà encore un bel argument qui nous remue les entrailles et nous pousse à caresser la télévision et tous les objets que nous chérissons. Le doute ne vaut rien et surtout pas quelque chose que je peux tenir dans la main.

Son troisième argument était très très rigolo. Laurent disait, « moi j’ai rencontré des scientifiques qui ne croient pas au réchauffement ». Des spécialistes de la libido peut-être… on n’en sait rien. Toujours est-il que ce monsieur avait rencontré des scientifiques, alors que les climatologues n’en rencontrent jamais car c’est bien connu, ces climatologues se cachent sous leurs bureaux dés qu’un collègue passe, ne prennent jamais l’avion, n’organisent aucune conférence et se terrent dans les entrailles de leurs simulations.

Laurent Cabrol est un fait social, il ne devrait pas être invité à des émissions sur le réchauffement climatique. Par contre, il aurait eu sa place dans une émission sur la musique Basta ou sur les habitudes culinaires de trifouilli les oies. Laurent Cabrol est une curiosité, une production de la société moderne, une monstruosité culturelle. That’s it.

décembre 17, 2008 Posted by | actualités, média, Politique | Un commentaire

Sarko-Mortaud, même combat.

Sarko n’a pas rencontré Obama, Obama aurait dû rencontrer Carla, il va rencontrer la dernière Miss France, Chloé Mortaud. Soi-disant.

Quelle histoire ! Trouvera-t-on un français dans le monde pour retenir l’attention de la star mondiale futur présidente des EU ? On l’espère. On se vexerait à moins.

décembre 11, 2008 Posted by | actualités | Un commentaire

La France et ses minorités : leçons canadiennes

Les accommodements raisonnables

Sous ce nom se cache un principe simple du droit canadien dont le but est d’atténuer la « dictature de la majorité » en instituant des recours contre les discriminations indirectes (comme le fait que la plupart des jours feriés soient des jours de fête chrétienne).

Suite à l’hystérie collective qui a suivit les attentats de 2001, le modèle d’intégration canadien a parfois paru être en crise. Les Québécois se sont sentis menacés par l’arrivé d’immigrants (forcément?) toujours plus nombreux. En réponse à ces questionnements, le 8 février 2007, le premier ministre du Québec Jean Charest a créé une commission de consultation sur les accommodements raisonnables . Ses conclusions (1) ont été publiées en juin 2008 et je viens tout juste d’en achever la lecture (oui, je sais, je ne suis pas rapide).

Si ce rapport est extrèmement éclairant sur la situation du Québec, mon but est surtout de le comparer à la politique que mène la France vis-à-vis de sa propre immigration et de ses minorités.

Qu’est-ce que c’est ?

Nous sommes tous prêts à faire quelques arrangements pour nos proches ou nos collègues. Il vous est sans doute arrivé de préparer un repas végétarien pour un ami qui ne mangeait pas de viande, que ses raisons soient personnelles, religieuses ou politiques. Par contre, nous n’accepterions pas le sexisme — en caricaturant, par exemple si on nous demandait que notre femme soit mise à l’écart. Nous vivons au jour le jour quelque chose qui s’apparente à un accommodement raisonnable : certains principes nous semblent inaliénables tandis que des règles et des désirs peuvent évidemment être assouplis.

Au Québec, l’accommodement raisonnable est un principe juridique qui permet d’assouplir une règle tant que cela ne va pas à l’encontre de certains principes inaliénables, ou tant que cela n’apporte pas de contrainte excessive (pécuniaire, ou quand les demandes sont trop nombreuses et diverses, etc). Bien évidemment, tout ceci doit être « raisonnable » et le législateur s’attend à ce que les différentes parties en présence arrivent à un compromis sans qu’il soit nécessaire d’entamer une procédure juridique. Ce genre d’accord entre personnes censées existe bien sûr aussi en France (service végétarien ou halal à la cantine, etc). La différence majeure est qu’en France, si un procès a lieu, la loi prédomine, tandis qu’au Québec, le juge tente de trouver un « juste milieu » (2).

Au cours des années 2006-2007, ce modèle a soudain paru être en crise, comme si les minorités s’étaient mises tout à coup à demander trop et à profiter de ce principe pour remettre en question certains droits comme l’égalité homme-femme, la laïcité, etc.

Perception et réalités

Très justement, la commission s’est d’abord attachée à comprendre d’où venait cette « crise » des accomodements raisonnables et s’est aperçue que si le nombre de litiges n’avait pas augmenté significativement. Par contre, une augmentation exponentielle des cas portés à l’attention des médias a été décelé dans les deux années qui ont précédé la création de la commission. De plus, pour 15 des 21 cas les plus médiatisés, la commission a prouvé l’existence d’une distortion manifeste entre les faits reconstitués et les perceptions générales de la population à leurs égards. Bien évidemment, ce point particulièrement important n’a pas été mis en exergue par des médias habiles à cacher leurs erreurs. Je me souviens au contraire des cris de vierge effrayés qu’ont poussé les médias car chacun sait qu’une majorité ne peut jamais se tromper. En bref, le comportement populiste de leur part comme de la part des hommes politiques a été largement occulté.

Rappelons pour comparaison que les dénonciations des médias qui avaient suivi l’apparition de Le Pen au second tour des présidentielles de 2002 avaient été traitées avec mépris. L’autocritique des médias français sur quelle question que ce soit n’est pas pour demain et n’aura sans doute jamais lieu.

Pour conclure sur ce point, je ne peux m’empêcher de citer la commission : nous nous contenterons de signaler qu’en exprimant son mécontentement sur les accommodements, le public s’est souvent trompé de cible. En effet, les immigrants et les membres des minorités ethniques n’ont rien eu à voir dans plusieurs affaires et ils ont été injustement blâmés dans plusieurs autres. Bien sûr, ce sont des erreurs typiquement québecoises que nous Français ne feront jamais jamais jamais.

Les raisons d’être des accommodements raisonnables

Je continue à citer les travaux de la commission. Dans toute société où se côtoient deux ou plusieurs cultures surgit inévitablement la question de la gestion de la diversité. (…) Jusqu’à récemment , elle était généralement résolue de façon autoritaire : une culture, plus puissante, tentait soit de dominer les autres en les marginalisant , soit de les supprimer en les assimilant. (…) Peu à peu, le droit a été amené à reconnaitre que la rêgle de l’égalité commande parfois des traitements différenciés. Car la rigueur absolue dans l’application des lois et des règlements n’est pas toujours synonyme d’équité. Les accommodements raisonnables permettent d’éviter la marginalisation et favorisent la discussion et les solutions de compromis qui respectent les valeurs fondamentales.

Qu’est-ce qui est fondamental ? Qu’une jeune fille aille à l’école ou qu’elle ne porte pas le voile ? Dans cette affaire sur le voile à l’école, personne n’a demandé l’avis des élèves. Se sentaient-ils menacés par les adolescente voilées ? J’en doute. Faisaient-elles du prosélytisme ? Non. N’oublions pas que parmi les religions du livre, la religion chrétienne est celle dont le prosélytisme est le plus actif, et à ce propos, les algériens se sont récemment inquiétés des conversions au protestantisme qui ont lieu dans leur pays (mais on retrouve les mêmes problème en Thaïlande, aux Philippines, etc).

La laïcité

Les auteurs comparent le modèle français et le modèle québecois et concluent que le type de laïcité à la française n’est pas le meilleur. C’est là une litote qui nous permet d’admirer leur sens de la diplomatie !

Je laisse encore une fois la parole à la commission.

Pour certains républicains français, l’école laïque doit avoir pour mission d’émanciper les élèves de la religion. Pour d’autres, les identités culturelles et religieuses ne font que nuire à l’intégration sociale, laquelle doit être fondée sur une citoyenneté excluant tout particularisme. Pour leur part, les auteurs du rapport pensent que l’assignation à l’école d’une mission émancipatrice dirigée contre la religion n’est pas compatible avec le principe de neutralité de l’état entre religion et non-religion et que le processus d’intégration d’une société diversifié s’effectue à la faveur d’échanges entre les citoyens, qui apprennent ainsi à se connaître, et non par la mise en veilleuse des identités.

A notre décharge, on doit expliquer (3) plus précisement la situation française. La loi 1905 qui sépare l’église de l’état fut le théatre d’intenses débats. L’inventaire des biens écclésiastiques qui suivit le vote de la loi provoqua des manifestations violentes dans de nombreuses régions de France au point que certains ont cru que le pays s’acheminait vers une nouvelle guerre civile. Le Vatican rompit ses relations diplomatiques avec la France pour ne les reprendre qu’en 1920 à l’occasion de la béatification de Jeanne d’Arc. Finalement, en 1924, une encyclique du pape Pie XI sonna la paix des braves qui s’était petit à petit établie entre l’état français et l’église catholique. Cependant, le débat ne s’était pas tout à fait appaisé et ainsi, Guy mollet envisagea à nouveau un concordat en 1958 (sans compter les nombreuses manifestations entre partisans de l’enseignement libre et public qui se sont produite jusqu’à récemment). On comprend mieux l’état de siège que pensent vivre certains athés.

On s’aperçoit que c’est justement l’existence d’une religion ultra-majoritaire en France qui a posé problème. Sûr de sa puissance, l’église catholique a toujours espéré gagner la bataille politique. Au contraire, au Canada, les protestants et les catholiques étaient de force égales et ont favorisé l’émergence d’une culture du compromis.

En France, on s’inquiète surtout de la montée de l’immigration musulmane. Mais elle ne sera jamais une force politique comme le fut l’église catholique. Il faudrait avoir plusieurs centaines de milliers voir un million d’immigrants musulmans intégristes par an pour qu’il y ait un réel danger ! Or l’immigration musulmane est forte mais minoritaire.

En France, certains musulmans préfèrent que leurs enfants aillent dans une école juive ou catholique qui serait plus accommodante. Certains agnostiques paranoïaques décelent ici une sorte d’alliance religieuse (4).

Les athés et les croyants non pratiquant pensent parfois que les dévotions, les interdits alimentaires et autres règles de ce genre sont accessoires. Cet argument découle d’une conception purifiée ou réductrice du christianisme selon laquelle l’essentiel réside dans la croyance et les dispositions intérieurs, aux dépens de la pratique extérieure. Or pour le judaïsme, par exemple, la croyance est moins importante que le respect de la Loi. Sur ce point, j’ai effectivement rencontré des juifs, non croyants, mais qui suivaient certains préceptes de la Loi par tradition. Je ne crois pas qu’ils constituaient une menace. Et leurs enfants seront sans doute encore moins menaçants attachés à leurs coutumes.

En réalité, le passage d’une observance stricte des règles religieuses à une foi intérieur peut prendre plusieurs générations. Il faut donc se garder de juger les autres d’après notre situation présente. Si les agnostiques pensent que la religion est amené à disparaître, ils auraient tout intéret à respecter les autres cultures et à prévoir un appaisement sur le long terme.

Conclusions

Le résumé du rapport de la commission fait plus de 100 pages et est extrèmement touffu, je ne peux qu’en conseiller la lecture. Je désire cependant donner mes propres conclusions et quelques unes des leurs :

  • Sur l’immigration et les minorités, au Québec comme en France, il y a un manque évident d’information.
  • Les francophones sont minoritaires au Canada. Ils ont un sentiment d’insécurité, hier du fait de la majorité anglophone, aujourd’hui du fait de l’immigration. La mondialisation et l’Europe jouent-elles le même rôle en France ? Devons-nous apprendre à n’être qu’un pays parmi d’autres en Europe ?
  • L’identité nationale n’est pas quelque chose d’inamovible qui aurait sa place dans un concert abstrait des identités nationales. On ne peut espérer qu’elles demeurent telles qu’elles sont ad vitam eternam. Les pays d’amérique du nord comme du sud et qui se sont fondés via l’immigration en sont bien conscient. L’Europe doit l’accepter tout en posant des balises claires.
  • Il ne faut pas idéaliser le Québec : il existe là-bas une véritable discrimination. Les immigrants, même européens, peuvent en être victime (sous-emploi, chomage, etc). Cependant, les enfants des immigrants subissent rarement le racisme qui existe en Europe. En général, l’assimiliation nécessite une génération, mais pas plus. Et il n’y a pas de parti d’extrème droite.
  • Une mise à l’écart de certaines minorités en raison de leurs traditions est contreproductif. Tout comme le serait le fait de les laisser se ghettoïser sans chercher à les assimiler. Il faut que ne nous soyons capables de faire la différence entre ce qui est important et ce qui l’est moins et ne pas penser que la foi intérieure doit être le seul espace de liberté concédé aux croyants (5).

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(1) voir sur internet. Les citations du rapport sont en italique.

(2) je ne suis pas un juriste, je suis pas sûr de bien comprendre tout ça.

(3) quand je dis « expliquer » je ne dis pas « justifier ». On confond souvent les deux verbes. Le premier est plutôt de l’ordre de la description, le second évoque un jugement morale. Je suis contre ce qui se fait en France, mais je comprend les mécanismes historiques qui nous ont amené à cette situation.

(4) les persécutions des chrétiens en Irak et des musulmans en Israël montre combien une telle alliance est solide et réelle !

(5) ou aux athés. La polémique sur le voile est suspecte quand on sait combien l’habit fait le moine en France. Nous sommes beaucoup plus strictes et conformistes sur notre façon de nous habiller que bien des pays occidentaux. Les raisons sont peut-être différentes (religion ou traditions sociales), mais le résultat est identique. Alors voile ou costume trois pièces ?

août 26, 2008 Posted by | actualités, Politique | , , | 4 commentaires

Le défaitisme par l’absurde

La peur de l’autre, voilà ce que sont devenus la laïcité et les droits de l’homme, en France.

Une marocaine mère de trois enfants nés en France s’est vue refuser la nationalité française sous prétexte qu’elle a adopté, au nom d’une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d’égalité des sexes. Il est vrai qu’elle ne vote pas et porte un niqab (1).

Pourquoi ? Pourquoi donc lui refuse-t-on la nationalité française ? Aujourd’hui, des français ne votent pas, ils sont même nombreux. Quand a porter un niqab… voila qui ferait plutôt d’elle une victime que la citoyenneté pourrait peut-être aider à mieux protéger (2).

Non, je ne vois qu’une raison possible : la peur. Et la peur vient souvent d’un manque de confiance. La société française a perdu ses repères, et ne croit plus aux vertues de la laïcité, ni à la capacité de la démocratie à affirmer sa valeur morale. La France, et l’Europe avec, a peur du pouvoir d’attraction de l’islamisme, de la croissance de la Chine, bref, de toute une panoplie de trucs face auxquels le pouvoir d’attraction de la démocratie, de l’égalité et de la liberté feraient pâle figure.

Même le dragon virile et tout petit Sarkozy n’ose plus adresser le moindre reproche, ni la Chine, ni à un tout petit dictateur comme Ben Ali. C’est dire si il doit faire dans son froc.

Il faut dire que la démocratie a pris un sérieux coup dans l’aile ces dernières années. On critique la Chine sur le Tibet et la Chine nous renvoie la colonisation dans la gueule. On lui dit alors que c’était il y a 50 ans et elle nous répond que nous venons de décider de rendre inaccessible les archives sur la guerre d’Algérie. Que répondre ? Alors qu’elle peut enfoncer le clou avec la Nouvelle-Calédonie ?

Les valeurs démocratiques n’en sont plus ! Même notre président élu l’admet qui compare défavorablement le pouvoir de conviction de l’instituteur avec celui du curé.

Le gouvernement français ne peut rien dire à la Chine parce qu’en acte comme en parole, il ne croit plus au vertus démocratiques et préfère parler en terme de pouvoir d’achat, de victimes et de success-stories, en anglais s’il-vous-plaît.

(1) On pourra trouver un excellent article à ce sujet, écrit par Jean-Léon Beauvois.

(2) Remarque cynique qui suppose que les étrangers, même en situation régulière, sont moins bien protégés que les français. J’espère que c’est faux.

août 18, 2008 Posted by | actualités | | Laisser un commentaire

La Belgique Française

Tout près de nous, la Belgique se déchire, la Flandre désire se séparer de la Wallonie, prenant comme prétexte le retard économique de cette dernière. Le plus européens des pays de l’Union est en voie d’éclatement.

De son côté, la communauté Wallonne, déboussolée, est de plus en plus tentée par le rattachement à la France.

Certes.

Mais où demeure l’inérêt de la France, cette douce France que nous aimons ?

Je ne crois pas que nous aurions avantage à récupérer la région la plus arriérée de Belgique. Au contraire, je pense sincèrement que l’éclat et la gloire de notre pays serait mieux servi par la fusion de la Flandre avec la France, plutôt que par l’ajout d’un boulet supplémentaire à notre nation, ne trainons-nous pas déjà les banlieues, le XIXe et le nord ?

Soyons réaliste. Le seul argument qui milite en faveur du rattachement de la Wallonie est linguistique. Mais qui, en France, peut honnêtement affirmer que le français de Belgique est plus facile à comprendre que le néelandais ou même l’Allemand ? Pour ma part, je ne comprends aucun de ces dialectes et je pense que le français de base, celui que l’on croise parfois dans la rue, n’est pas mieux loti.

Passons maintenant en revue tous les avantages que nous aurions à rattacher la Flandre avec la France et admettons le point suivant : si les Flamands désirent se séparer des Wallons, c’est qu’ils y ont intérêt. Le calcul a été fait, environ 5 milliards d’euros sont transférés annuellement de la communauté néerlandaise vers la communauté wallonne. Ce prix incroyable, sans aucun doute due au manque d’ardeur au travail des Wallons, n’est pas un prix que la France est prète à débourser.

Le PIB par habitant de la Flandre dépasse les 25000$ lorsque celui de la France est de 21700$ seulement (en 2003). Nous aurions donc tout intérêt à ponctionner la Flandre pour remettre à niveau des régions française dont nous pouvons difficilement nous séparer (1).

Il faut aussi noter que la Flandre possède deux ports de première importance, Anvers et Bruges-Zeebruges, alors que la Wallonie n’a pas été capable de développer aucune infrastructure portuaire digne d’être rapportée. Il est vrai que la Wallonie n’a pas de côtes. Mais est-ce une excuse ? Elle a bien des fleuves.

Enfin, la ville bilingue de Bruxelles pose quelques problèmes. Cette ville est riche mais contient une forte communauté wallonne. Certains pourraient voir ici un argument en faveur de la Wallonie. Que nenni ! Car nous savons, et l’histoire l’a montré, qu’une déportation même massive s’organise très très aisément.

Sarkozy est tout-à-fait prèt à engager certaines forces militaires dans une opération coup de poing pour sauver Bruxelles. Un mandat de l’ONU devrait d’ailleurs être très facile à obtenir (2). Ce scénario aurait l’avantage de permettre la consolidation d’un corridor entre la Flandre et la France, corridor qui, pour de futur raisons économiques pourrait suivre la ligne de TGV Paris-Bruxelles, ou même, comme en Israël, être multiple et suivre toutes les autoroutes de la future ex-Belgique.

Il reste enfin à régler le problème de l’Europe. Les inimitiés qui naitraient d’une telle séparation risqueraient de paralyser le fonctionnement des institutions européennes. Mais avons nous réellement besoin de la solidarité européenne ? Non. Tout le monde sait aujourd’hui que la solidarité est une notion du XIXe siècle. La France doit quitter l’Europe et devenir une Grande France. Une organisation méditerranéenne qui pourrait prendre la forme d’une colonisation douce (i.e. avec camps de travail mais sans génocide) permettrait de se passer de cette solidarité.

La vieille europe et ses utopies fondatrices se meurent, il est temps de revenir à un chacun pour soi réaliste et efficace.

Castor

(1) Il se trouve que les régions périphériques de la France sont riches ( Alsace, Rhone-Alpes) ou d’un intérêt touristique important (Côte d’Azur, etc), tandis que les lieux les moins riches se trouvent souvent en périphérie des grandes villes : ce sont les banlieue que l’on peut ghettoiser mais dont on ne peut cependant pas se séparer aisément !

(2) Les Etats-Unis pourraient être amadoués en envoyant des troupes en Afghanistan, l’Angleterre serait heureuse de fermer le tunnel sous la manche (le prétexte des opérations militaires serait encore ici très utile), et la chine et la Russie auraient la joie de nous voir nous entredéchirer.

juillet 31, 2008 Posted by | actualités | , | 4 commentaires

Censure sur le web

D’après rue89, l’éducation nationale tente d’empêcher la diffusion d’une vidéo tournée par des élèves et des professeurs.

avril 20, 2008 Posted by | actualités, Visuel | , , , | Laisser un commentaire

Les gouvernements aiment les secrets

Coincidence aujourd’hui : un article de rue89 et un autre du New York Times sur le secret : le gouvernement américain tente d’éviter des enquêtes sur ses mauvais comportements en invoquant le secret, tandis que le gouvernement français envisage de réduire l’accès aux archives de la guerre d’Algérie. Quoiqu’il en soit, on est pas prèt de se comparer à la démocratie américaine, qui est beaucoup plus transparente (à terme au moins).

avril 18, 2008 Posted by | actualités, Politique, Visuel | , , , , | Laisser un commentaire

Baisse des allocations familiales

avril 17, 2008 Posted by | actualités, Visuel | , , | Laisser un commentaire

Crise alimentaire mondiale

avril 16, 2008 Posted by | actualités, Visuel | , | Laisser un commentaire