Castor politique

Des fables et de la politique

La démocratie peut-elle lutter contre les changements climatiques?

Ce texte est une traduction  personnelle et un résumé d’un article de David Shearman, Climate change, is democracy enough ?

La nouvelle la plus importante de la semaine dernière concernant la bataille pour le climat est la décision par la Chine d’interdire dans un délai de 6 mois tous les sacs plastiques.

Les rapports du GIEC montrent que la crise écologique due aux changements climatique est une menace grave pour l’humanité. (…) Pour beaucoup de scientifiques, une réduction drastique des gaz à effet de serre doit être mise en place dans les deux prochaines décennies, ou alors il sera trop tard.

Pour beaucoup d’entre nous, les actions individuelles sont importante en terme de reconnaissance du problème, mais leur effet est infinitésimal par rapport à ce qu’il est requis de nos gouvernements. De nombreux gouvernement qui se targuent d’être à la pointe continuent à approuver des projets rejetant d’énormes quantité de gaz carbonique au nom de la croissance économique perpétuelle.

Retournons aux sacs plastiques. Cette décision montre la capacité de la Chine de promouvoir une telle interdiction et de fermer des usines. Ils n’ont pas à s’inquiéter de pertes de dons politiques ou des chomeurs temporaires.

Ceci contraste avec l’indécision des démocraties, qui, pourtant, rejettent environ la moitié des émissions de gaz à effet de serre, il est donc raisonnable de poser la question suivante : Pensez-vous que les démocraties ont la volonté et le pouvoir de réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre?

Si vous dites “oui”, alors vous niez toutes les données historiques et les faits. En Australie, par exemple, la démocratie est la cause première de la destruction de la rivière Murray Darling: les débats avaient remplacé l’action.

La démocratie libérale est douce et rend dépendant, et dans ses cas les plus extrèmes, privilégie la liberté individuelle sur la plupart des besoins collectifs. Ce sujet est pratiquement sacro-saint et ceux qui se permettent la moindre critique, sont aussitôt accusés de marxisme, de socialisme, de fondamentalisme et pire.

Nous devons ouvrir nos esprits et devenir capable de critiquer la démocratie. Des réformes sont nécessaires. Nous devons faire des réformes nous rendant capable d’agir rapidement au détriment de ce qui pourrait être perçu comme des libertés.

Si nous n’agissons pas rapidement, on pourrait finalement se rendre compte que nous avons fait le choix de la liberté au détriment de la vie.

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Cet article me rappelle une citation de Annah Arendt, qui dit que les solutions totalitaires sont des tentations fortes qui surgiront chaque fois qu’il semblera impossible de soulager la misère politique, sociale et économique d’une manière qui soit digne de l’homme.

Comme Annah Arendt, je me pose la question inverse de Shearman :

Si rien n’est fait, la démocratie résistera-t-elle aux contraintes qui seront imposés par le réchauffement climatique?

avril 13, 2008 Posté par castorpolitique | Politique, actualités | , , , | 4 commentaires